Actualité de l'emploi et des réseaux sociaux
30 oct
Cette semaine, le zapping de l’emploi vous fait découvrir un documentaire, « La mise à mort du travail » sous forme de trilogie dont les deux premières parties ont été diffusées sur France 3 lundi dernier. Et dans un registre plus léger, vous pourrez en apprendre un peu plus sur le rituel de la pause-café ainsi que sur les idées originales de demandeurs d’emploi. Et pour finir la semaine avec le sourire, nous vous proposons une vidéo humoristique, « Twitter au bureau : Attention » !
La mise à mort du travail
Lundi 26 octobre, sur France 3, débutait une série de trois documentaires qui sont le fruit de trois ans de tournage aux prud’hommes, à Nanterre (Hauts-de-Seine), à la consultation Souffrance au travail de la psychologue Marie Pezé, et surtout au cœur d’un monde parfois mal connu : l’entreprise.
Dans le premier volet, on a pu voir l’histoire d’une caissière rendue chauve d’angoisse à cause de sa direction, ou celle d’une cadre, qui attend au bord d’une voie ferrée de se jeter sous le prochain train qui passera, ou encore celle d’un cadre sup qui s’entend dire par son patron qu’il mérite « une balle dans la tête au parking ».
Un triptyque accablant, à voir sur France 3. Le blog Prêt à l’emploi en a fait un compte rendu très intéressant dans son article »mort du travail et naissance d’un autre travail ».
La pause-café, un rituel incontournable, intensif et utile !
La pause-café demeure un rituel incontournable au bureau, Nespresso s’y est donc intéressé afin d’en savoir un peu plus sur sa place en entreprise. Selon cette étude, le café serait consommé par 80% des salariés, devant l’eau en bouteille (62%) et le thé (52%).
Quant a
ux habitudes des salariés, on apprend que pour 77% d’entre eux, c’est un véritable rituel. Le café du matin rencontre plus de succès que celui qui suit la pause déjeuner et celui de l’après-midi.
En plus d’être un moment de détente (pour 88% des salariés), la pause-café permettrait aussi de renforcer la cohésion au sein d’une équipe et serait le meilleur moyen d’apaiser les tensions. Les salariés sont 81% à estimer que ce moment est indispensable pour garder l’esprit clair et être plus efficace. « Un café, et ça repart ! »
Les idées pour le moins originales des demandeurs d’emploi
Loin des CV « basiques » et des lettres de motivation classiques, certains demandeurs d’emploi jouent la carte des candidatures atypiques et des méthodes hors du commun. Après le CV vidéo, le CV géolocalisé, le CV « bio », le CV T-shirt, voici les nouveautés du mois de septembre et octobre.
Un jeune diplômé en marketing a eu l’idée insolite d’accrocher une banderole à son balcon situé face au Palais de justice de Grenoble ! Et si la démarche est osée, ça marche… Après avoir reçu plusieurs offres d’emploi, il a enfin trouvé un emploi.
Un autre jeune diplômé a inventé le CV géant ambulant. Sa technique consistait à se garer dans des lieux stratégiques, généralement les plus visités. Espérons que sa démarche originale portera ses fruits.
Vidéo Twitter au travail
Et si on parlait comme sur Twitter, avec un nombre de caractères limité, qu’est ce que ça donnerait au bureau ? Voici une vidéo qui répond à cette question avec beaucoup d’humour.
29 oct
Le 31 octobre prochain démarre le Roman d’Arnaud. Un Ovni littéraire écrit par Jean François Gayrard, Gwen Catala et Christophe Sanchez, qui va prendre comme support les réseaux sociaux.
« Pendant 40 jours et 40 nuits, trois auteurs vont se relayer pour écrire un roman d’un nouveau genre sur Facebook en offrant la possibilité aux lecteurs d’interagir au fur et à mesure que l’intrigue leurs sera dévoilée. » Ces quelques lignes lèvent un coin du voile sur l’originalité de cette idée. Une performance qui sera rendue possible par six mises à jour de statut quotidien pendant toute la durée d’écriture de l’oeuvre.
La participation des internautes permettra de faire des focus sur certains personnages et quelques recentrages d’un scénario élaboré en avance, comme fil conducteur. « On a un scénario déja ficelé mais on donne la possibilité au public de participer » confesse un des auteurs Jean Fançois Gayrard pour évoquer ce qu’il appelle du « Roman 2.0″. Une manière de faire de la littérature participative à travers les réseaux sociaux puisque qu’en outre de Facebook, les autres supports sont Twitter, You Tube. Une parution du livre d’Arnaud est prévu par la suite en papier et en version numérique chez Leezam.
Le livre numérique commence à toucher son public en France. Une montée en puissance qui ne va pas tarder à faire de l’ombre au papier dans les années à venir. Il y a 15 jours, lors de la dernière foire du livre de Francfort, plus de 50% des participants estimaient que le chiffre d’affaire du numérique dépasserait celui du papier d’ici à 2018.
Pour en revenir au Roman d’Arnaud, les auteurs influencés par des maîtres comme Alfred Hitchcock, David Lynch ou Stephen King, entament cette expérience de lecture 2.0, basée sur la peur, la nuit d’Halloween. Le livre ouvre sur une scène de meurtre …
Voici une des vidéos teaser, très réussie, du Roman d’Arnaud … espérons que le reste soit du même acabit.
28 oct
Alors que les conseils d’administration des entreprises du CAC 40 continuent de ne proposer que 8% de postes aux femmes, deux fois moins qu’en 2008, elles investissent de plus en plus les métiers jusque là réservés, par cliché ou par raisons sociologiques, aux hommes.
La percée se poursuit
Elles sont présentes dans l’Artisanat, dans l’Industrie et dans les transports routier. Une avancée qui fait suite à des initiatives d’associations et de fédérations. Le travail en amont des chambres de commerce et de l’artisanat, de la fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR) ou encore Union des Industries et des Métiers de la Métallurgie (UIMM) a permis d’accroître la présence des femmes dans ces secteurs. Une ouverture qui n’est pas toujours marquée par le sceau d’un désir de plus d’égalité et de mixité. Dans l’artisanat par exemple, l’arrivée des femmes dans les métiers de la maçonnerie répond à un déficit de renouvellement du personnel professionnel suite à des départs massifs à la retraite.
Les femmes ne constituaient en 2007 que 11% des artisans malgré les apparences c’est un chiffre positif puisqu’elle « représentaient près d’un tiers des repreneurs » rapporte le quotidien Aujourd’hui en France cette semaine. La tendance générale est à la hausse. Avec un taux de réussite au bac, largement supérieur à celui des garçons depuis 1971, les femmes vont à l’assaut des derniers remparts qui réservent certains métiers à la gente masculine. Pour ouvrir la tête des entreprises aux femmes, Brigitte Grésy de l’inspection générale des affaires sociales avait sorti un rapport qui préconisé un pourcentage obligatoire de 40%, dans ce sens la député Marie – Jo Zimmermann est précurseur, elle est la première à évoquer une loi comme solution. Que faut-il faire pour que certains métiers ne restent pas les chasses gardées des hommes ?
L’Académie française et le « sexisme lexical »

Parmi les solutions, des voix s’élèvent de plus en plus pour l’abandon d’un certain « sexisme lexical ». En clair une féminisation des noms de métiers :rectrice d’Université, plombière, routière … « Comment les écolières sont elles censées se projeter dans un métier dont le nom n’existe pas au féminin ? » s’interroge l’universitaire linguiste Christel Breysse. Pour rappel en 1986, une circulaire gouvernementale a voulu aller dans le sens de la lutte contre ce« sexisme lexical » mais l’Académie française avait, à l’époque, fait état de son courroux et la situation n’est pas encore prête de changer. Pour une institution qui existe depuis 1635, Il a fallu attendre plus de trois siècles plus tard (1980) pour voir une femme en l’occurrence, Marguerite Yourcenar, revêtir l’habit vert des académiciens. Une nouvelle qui avait soulevée, à l’époque, un énorme tollé au sein des académiciens. Aujourd’hui Hélène Carrère d’Encausse et Simone Veil font partie des rares représentes du « Deuxième sexe » sur les 40 membres de l’Académie française. L’académie française est elle le lieu le mieux placé pour discuter de ce sujet ?
Il reste beaucoup de travail en perspective pour coller à l’orgueilleuse rengaine de « pays des droit de l’homme » et de la Femme.
27 oct
C’est difficile d’allier études et travail mais c’est encore plus difficile de poursuivre ses études sans ressources. Le Pôle Emploi Crous vient d’organiser un Forum intitulé « Job d’hiver » qui regroupaient une dizaine d’entreprises. Partagées entre stratégies de communication pour un public généralement prisé et réel besoin de recruter, les entreprises présentes ont eu le mérite d’être aller à la rencontre des étudiants.
Suivez notre reportage …
26 oct
Le monde de la création d’entreprises ne connaît pas la crise. D’après les chiffres de l’INSEE, le mois de septembre est marqué par la création de 56 548 nouvelles entreprises soit une hausse de 38,6 %. Ce qui donne une augmentation générale de 42,7% sur toute l’année.
Une situation qui rentre en direct ligne d’un mouvement d’ensemble démarré depuis cet été par une hausse très sensible sur les 3 derniers mois. Un constat qui fait suite à un réel mieux économique et, peut être, également au début de la fin de la crise économique.
En détaillant avec précision les chiffres de l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques, on remarque que la mise en place de l’auto entrepreneuriat n’est pas innocente à cette envolée. L’auto entrepreneuriat, entré en vigueur depuis le 1 er janvier, constitue 21% de la création d’entreprises. Depuis le début de l’année, 230 649 nouvelles demandes ont été enregistrées. Le mois de septembre est symptomatique de cette situation; en comparaison avec les créations d’entreprises dites classiques, nous avons 32 000 auto-entrepreneurs contre 24 531 « classiques ».
Fort de ce succès, jamais démenti depuis sa création, le gouvernement table désormais sur 300 000 auto-entrepreneurs d’ici la fin de l’année 2009. Rappelons que pour débuter, l’auto-entrepreneur dispose d’un prêt à taux zéro. Il s’y ajoute une garantie publique des prêts bancaires et un accompagnement obligatoire durant les 3 premières années par des structures labélisées. Et depuis le 1 er Mai, les personnes qui étaient sous le régime de l’ACCRE (Aide aux Chômeurs Créateurs et Repreneur d’entreprises) bénéficient de ce nouveau statut d’auto-entrepreneur matérialisé par le sigle NACRE ( Nouveau dispositif pour la création et la reprise d’entreprise). L’auto- entrepreneuriat séduit en majorité les salariés et les chômeurs qui représentent les deux-tiers des profils.
23 oct
Pour finir la semaine de bonne humeur, découvrez le nouveau buzz de recrutement de la Marine nationale ainsi que des études pour le moins surprenantes parues il y a quelques jours.
3 jours en mer à gagner avec la Marine nationale
Depuis lundi 19 octobre, la Marine nationale a lancé l’opération « 3 jours en mer ». Jusqu’au 30 novembre, un casting national est organisé afin de faire gagner à 4 jeunes un e
mbarquement de 3 jours à bord d’une frégate, dans le but de leur faire découvrir le métier de marin et la vie d’équipage. A l’issue du casting, un jury de marins élira les 4 vainqueurs. Lors de leurs 3 jours d’aventures, les gagnants deviendront les personnages principaux d’une web-série tournée pour l’occasion. Elle sera diffusée sur le site etremarin.fr en 2010. Une méthode plutôt originale pour faire découvrir les métiers de la Marine aux jeunes et les inciter à s’engager !
Selon une enquête menée en mai 2008 dans neuf pays par OPP, cabinet européen spécialisé en psychologie du travail, les Français se disputeraient en moyenne 1h50 par semaine au travail.
Les Allemands et les Irlandais – à égalité – arrivent en tête de liste, avec une moyenne de 3h20 de disputes hebdomadaires. Viennent ensuite les Américains avec 2h50 de conflits par semaine, suivis des Français, à égalité avec les Britanniques et les Danois. Les Néerlandais quant à eux seraient les plus disciplinés puisqu’ils ne se disputeraient que 55 minutes par semaine.
Les Français évoquent comme principale cause de disputes le manque d’honnêteté, alors que les Allemands en rejettent la cause sur le surplus de stress.
Et quand les Français ont fini de se disputer au travail, que font-ils ? Ils replongent dans leurs projets, ou, pour certains, surfent sur internet. En effet, selon une étude de la société Olfeo réalisée en 2009 sur la réalité de l’utilisation du web en entreprise, le temps passé sur Internet au bureau serait de 86 minutes par jour. Sur ces 86 minutes, 67% seraient consacrées à un usage non professionnel, soit 12% de moins qu’en 2008. En effet, au bureau, les Français passeraient 58 minutes par jour à visiter des sites d’actualité, des réseaux sociaux, des sites de détente (vidéos) et de service (météo), ou encore leur boîte mail personnelle.
Olfeo estime que le temps de distraction sur Internet au bureau représente aujourd’hui une perte de productivité de 13,5%, ce qui coûterait à une entreprise en moyenne 5 semaines de congés payés en plus et 2 mois de salaire par an et par employé.
Faut-il se faire pou
sser la moustache pour mieux réussir dans la vie ?
Si la calvitie semble déplaire aux recruteurs, la moustache quant à elle, tombe au poil. D’après une nouvelle étude menée par Quicken® et l’Institut Américain de la moustache (The American Mustache Institute), les moustachus auraient de meilleurs postes et salaires que les autres. En effet, ils gagneraient 8,2% de plus que les barbus, et 4,3% de plus que les gens rasés de près. Une révélation à nous défriser la moustache…
23 oct
Une journée de manifestation pour l’emploi dans l’industrie a eu lieu ce jeudi, à Paris, à l’initiative de la CGT. Helia a battu le macadam aux côtés de manifestants pour s’enquérir de leurs doléances et faire, avec eux, le point sur la situation de l’emploi dans un secteur jadis dynamique.
21 oct
« Il semblerait que les recruteurs aient dorénavant intégré la nouvelle donne conjoncturelle et soient plus confiant ». C’est ce qu’on peut retenir des propos, plein d’espoir, de Eric Verhaeghe, président de l’Apec (Association pour l’emploi des cadres) après la publication, ce mercredi du baromètre trimestriel sur l’emploi des cadres.
Un baromètre qui décline et indique des signaux d’espoir mais indexe également les secteurs qui n’ont toujours pas réussi à sortir leur épingle du jeu. Mais globalement ce troisième baromètre de l’année évoque des signaux positifs avec 42 % des entreprises qui prévoient de recruter au moins un cadre au quatrième trimestre 2009, soit la même proportion à 1 point près que l’an passé, mais 6 à 7 points de plus qu’aux deux trimestres précédents. Ce qui n’est pas à sous estimer dans le contexte actuel de reprise mais totalement généralisé.
Par exemple, dans les BTP, l’emploi des cadres continue son redressement même si on est encore éloigné des prévisions de départ. Nous sommes dans les mêmes bases pour les secteurs de l’ingénierie et de l’audit – conseil. La proportion d’entreprises ayant recruté et prévoyant d’embaucher au prochain trimestre dépassant les 50% et ce, dans des proportions supérieures de plusieurs points à celles d’il y a un an.
Mais la bonne nouvelle de ce baromètre se situe au niveau des cadres commerciaux, administratifs ou financiers. Très recherchés en ce moment par les entreprises, les chiffres de recrutement ou de prévisions de recrutement dépassent ceux de 2008.
Le reste est moins rose. Dans le secteur de l’Industrie, l’emploi des cadres ne redresse pas encore la barre et continue de plonger. Au troisième trimestre, trois entreprises sur quatre ont embauché au moins un cadre au troisième trimestre et un tiers seulement d’entre elles prévoit d’en recruter un au prochain. Le contexte économique actuel semble être la cause première de cette frivolité. C’est en tout cas, ce que déclarent 40 % des entreprises pour expliquer leur décision.
La situation est pire dans les secteurs de banque – assurance et l’informatique. Malgré des niveaux plus élevés que la moyenne, ils restent quand même en deçà des prévisions annuelles.
La situation pour les jeunes diplômés n’est pas des plus enviables, à la lecture de ce baromètre, puisque seules un quart des entreprises prévoient de donner une chance au quatrième trimestre à un jeune cadre.
20 oct
Après avoir reçu le renfort de plus de 1800 agents pour avoir un meilleur rendement, après l’annonce de la cessation d’une partie de ses prérogatives laissée à des privés pour le désengorger, les employés de Pôle Emploi ont recours depuis aujourd’hui à la grève pour dénoncer leurs conditions de travail.
La fusion entre l’ANPE et les Assédics a donné naissance depuis le 1 er Janvier au Pôle Emploi. Une institution qui avait l’ambition de simplifier les choses pour les demandeurs d’emploi en rattachant le service public de l’emploi et l’assurance chômage. Près de 10 mois après sa mise en action, les accrocs n’ont cessé de jalonner sa courte existence et de facto multiplier les questions sur le bien-fondé de cette fusion.
« Plus de proximité et un interlocuteur unique capable de répondre à tous types de questions de l’inscription au reclassement en passant par l’indemnisation et le suivi » annonçait l’Elysée au moment de son ouverture. Mais il semble, aujourd’hui, que cette polyvalence considérée au départ comme un atout soit devenue par la force de l’expérience un désavantage. Ce qui inspire à un agent une réflexion d’une simplicité biblique mais d’un bon sens manifeste « Est-ce qu’on demande à un boulanger d’être pâtissier ? ». La fusion entre les deux organismes, ANPE et Assedic, fait que les agents ne sont toujours pas dans les meilleures conditions pour répondre aux questions si elles ne portent pas sur leur institution d’origine.
Une incompétence sur certaines sollicitations à laquelle s’ajoutent les conditions de travail de plus en plus décriées. Pôle Emploi reçoit en moyenne plus de 500 000 nouvelles inscriptions par mois. Les agents sont débordés. Là ou les prévisions prévoyaient un agent pour 60 demandeurs d’emploi, il s’avère que le chiffre dépasse allègrement les 95 personnes suivies par chaque agent. Les prescriptions de Taylor et de Stakhanov (principes que l’on peut définir comme donnant « la meilleur manière de produire » et d’être productif) ont leurs limites surtout dans ce genre de service.
Resultat : 5 tentatives de suicides et un suicide sur le lieu de travail depuis le début de l’année. On n’en est pas encore à un scénario à la France Télécom mais il semble incongru que ceux qui doivent donner des indications et conseils pour retrouver un travail aux chômeurs ne soient pas eux même dans de bonnes conditions de travail.
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19 oct
Si la mode est une manière collective de faire et de penser, on peut l’accoler à ce qui se passe au niveau des médias. Ils reprennent depuis le printemps dernier le travail et l’univers de l’entreprise comme principe d’émission, sous la forme de petites fictions humoristiques qui ont doucement glissé vers de la télé réalité, façon télé crochet.
Le premier à avoir dégainé fut M6 avec Déformations professionnelles. Jadis appelée la petite chaine qui monte, elle est souvent précurseur dans ce genre de démarche. On peut rappeler qu’elle est la première chaîne française à avoir diffusé de la télé réalité, en tout cas connue comme telle, avec Loft Story en 2001. Déformations professionnelles est une mini série humoristique de 6 épisodes qui montrait l’invasion des habitudes professionnelles dans l’univers privé et intime.
France Télévisions, chaîne qui déclare, pourtant, être réfractaire à toutes émissions de télé réalité du fait de son caractère d’utilité publique, s’y est mise. Au début de l’été, France 4 mettait à l’écran Quels drôles de jobs. Une émission qui utilise un vieux filon en faisant appel à une célébrité qui va avoir l’opportunité de changer et de tester un autre métier, le temps du tournage.
Une sorte de Vis-ma-vie, émission phare de deuxième partie de soirée de TFI des années précédentes, avec un sketch à la fin.
Le cas le plus récent est celui de Virgin 17 avec Pop Job, une adaptation française de Singing Office. Une télé réalité reprise par pas moins de 19 pays et qui se définit comme la Star Academy des bureaux. L’idée était de faire chanter des employés d’entreprises. L’épilogue vient d’être connue avec la victoire des employés de l’hôpital de Marseille sur ceux du Futuroscope de Poitiers entre autres.
Un virus qui gagne beaucoup d’autres pays à une vitesse plus rapide que celle de la grippe A. En Grande Bretagne, I’m running Sainsbury’s met en scène les employés d’un supermarché qui, après avoir viré leurs supérieurs, se retrouvent enfin aux commandes de leur magasin. Les Pays Bas, pays natal de Endemol et de la télé réalité n’est pas en reste avec Xperience : 3 étudiants s’affrontent violemment pour décrocher un stage dans leur entreprise de leurs rêves.
Et il semble que le phénomène n’en est qu’à ses débuts puisqu’en France, Endemol est en train d’adapter un format anglais, dans lequel un grand patron va infiltrer ses équipes d’employés, déguisé en ouvrier. L’ambiance, d’après tournage, risque d’être assez houleuse.
« La télévision, comme média hétéronome, disait le sociologue Pierre Bourdieu, est fortement soumis à la loi du marché. Elle tend à favoriser le commercial … ». En effet, cette mode de reprendre l’univers du travail comme toile de fond d’émissions s’explique par le contexte actuel de crise de l’emploi et/ou le fait qu’il soit objet d’inquiétude, de peur du lendemain mais surtout de désir. Du coup, mieux qu’une star qui attire toutes les attentions et les regards, le travail devient un véritable dopage d’audience.
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