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2 nov
« Le public traite mieux le chômage que le privé ! ». C’est l’analyse de Marc Gurgand, professeur à l’Ecole d’Economie de Paris. Il vient, avec Luc Behagel et Bruno Crépon, de terminer une étude sur les expérimentations d’accompagnement renforcé des demandeurs d’emploi en 2007. L’étude pose, aujourd’hui, des questions sur l’opportinuté de la décision gouvernementale, en juillet dernier, d’octroyer 320 000 chômeurs à des privés d’ici fin 2011.
Une initiative prise pour renforcer Pôle Emploi qui souffrait des effets secondaires de la fusion de l’ANPE et des Assédic, mais également pour lutter contre la flambée du chômage en pleine crise économique. Les trois économistes avaient lancé cette étude en 2007, au moment où le gouvernement d’alors avait donné une partie du traitement et du suivi du chômage à des privés tels que Altedia, Adecco, Ingeus … Ce qui constitue une évaluation d’une politique d’emploi, une première en France.
L’étude en quelques points
« Nous avons comparé un groupe témoin à des populations tests. Les demandeurs d’emploi éligibles à l’accompagnement renforcé, soit ceux qui ont un risque de chômage de longue durée, ont été tirés au sort : certains se sont vu proposer un accompagnement renforcé (1 accompagnant pour 50 chômeurs) par le privé ou le public, les autres un suivi classique (1 agent ANPE pour 120 chômeurs) » précise M. Gurgand dans une tribune parue dans l’hebdomadaire Challenges.
L’une des conclusions qu’on peut en tirer c’est qu’un an « après leur entrée dans l’expérimentation, le taux de sortie vers l’emploi des chômeurs confiés au privé s’accroit de 5,6 points. Il augmente de 7,3 points avec l’ANPE ». Même pour les remises en emploi durable (plus de six mois), le public apporte plus de satisfaction avec « 6,4 points pour le taux de chômeurs sortant pour un emploi de plus de six mois, contre 4,8 points pour le privé ». Sur un an, le service public parvient à baisser de 17 jours la durée du chômage d’un demandeur comparé au traitement du même cas dans le privé.
Quels sont les éléments qui font pencher la balancer en faveur du public ?
Les trois économistes, auteurs de l’enquête, soulèvent la possibilité que « l’incitation concurrentielle au sein de l’ANPE, l’expérience et leur plus fort accès aux offres d’emploi » puissent expliquer la meilleure performance de la politique de l’emploi du public. Marc Gurgand pense qu’il faut changer les bases de la coopération avec le privé pour améliorer l’externalisation. La majeure partie de la rémunération des opérateurs privés, en 2007, dépendait du respect du délai de six mois au cours duquel ils devaient placer un chômeur. En clair, l’efficacité des opérateurs est sous-jacente au type de contrat qui leur est souscrit.
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