Pole emploiDébordé, charge inconsidérable de travail, des appels au 39 49 qui sonnent dans le vide, non satisfaction des prévisions initiales ! Ce sont les maux dont souffre Pôle Emploi, issu de la fusion entre l’ANPE et l’Unedic, après six mois d’existence. Le gouvernement est obligé, pour faire face à la venue accrue de nouveaux demandeurs d’emploi, de faire appel aux opérateurs privés pour l’accompagnement vers un retour au travail de 320 000 licenciés économiques. Ce qui pouvait être considéré comme une avanie, il y a peu de temps par les partenaires sociaux ou  certains politiques, risque de ne pas soulever plus de vagues qu’en mer morte.

Malgré une bonne volonté manifeste que traduisait la synthèse élyséenne de sa création : « Plus de proximité et un interlocuteur unique capable de répondre à tous types de questions de l’inscription au reclassement en passant par l’indemnisation et le suivi ». Sur les deux parties de ce « slogan », si la première est relativement atteinte, on ne peut pas en dire autant de la seconde. En effet l’Etat avait prévu un conseiller pour 60 dossiers, « un pour 95″ précise la direction de Pôle emploi. Certains syndicats parlent même d’un conseiller pour 200 personnes selon les zones géographiques. C’est un euphémisme de dire que la situation n’est pas fort reluisante.

Et la prochaine rentrée ne va pas arranger les choses. Un afflux massif de chômeurs à partir de septembre est prévu : les jeunes diplômés sur le marché du travail et les conséquences des plans sociaux annoncés. Un dirigeant de Pôle emploi annonçait dans Le figaro « nous prévoyons 800 000 ou 900 000 inscriptions par mois, contre 300 000 à 500 000 en ce moment. Cela ne se verra pas dans les statistiques, publiées en données corrigées des variations saisonnières, mais cela donne une idée de ce qui nous attend ». Le gouvernement  essaie de prendre les mesures du problème en confiant progressivement l’accompagnement de 320 000 chômeurs à des opérateurs privés de placement mentionne Les Echos. Une nouvelle démarche qui précède le recrutement de 1840 personnes pour renforcer les équipes de Pôle emploi pour soulager les effectifs et améliorer le service.

L’impératif de perfomance peut-il conduire à la privatisation d’un secteur aussi important que l’accompagnement vers l’emploi ? Le journal économique présise que le coût de cette externalisation est estimé à 100 millions d’euros pour 2009 et le double pour les années suivantes.

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