• Européennes : Demandez les programmes sur l’emploi

     

    La campagne des européennes entame sa dernière ligne droite. Une campagne dont les réels enjeux sont mal présentés et de ce fait inconnus du grand public alors que l’Europe se vit au quotidien. Nous vous présentons un panorama d’extraits de programmes des différents partis axés sur le thème de l’emploi.

    UMP propose à travers 30 points de son projet européen de coordonner les plans de relance économique. « Nous proposons d’agir pour l’emploi parce que c’est le premier vecteur d’intégration et de réussite sociale. Pour soutenir l’emploi et pour retrouver la croissance, il faut investir ». Comment ? « En réagissant ensemble (Banques Européennes d’Investissement, Commission européenne, gouvernements, régions, secteur privé, etc.…Mais également en soutenant les partenaires publics-privés. Moraliser le capitalisme financier, redynamiser les bassins industriels, développer de nouvelles solidarités et protéger les salariés (faire partie de l’Union tout en gardant les spécificités de la France surtout concernant les prestations sociales ou familiales) ». Enfin l’UMP place « la petite et moyenne entreprise au cœur de la relance (en France 2,6 millions de PME assurent 80% des emplois) » et profite « du marché européen des 27″.

    PS : Les socialistes mettent en place un programme qui peut être résumé par « quand la droite dit « adaptez –vous au marché ». Nous disons « décidons notre avenir ». Pour relancer l’économie et éviter le retour des crises financières, le PS mise sur « la lutte contre le réchauffement climatique, qui peut renouveler l’économie européenne, créer une nouvelle croissance écologique et innovante, créatrice d’emplois et de richesse pour les européens ». « Nous croyons profondément au développement durable fondé sur des stratégies économiques, sociales et environnementales cohérentes entre elles ». Le PS entend donner un cadre aux marchés financiers pour l’économie réelle, l’emploi et la croissance. Et ainsi se « reposer sur une stratégie européenne pour une croissance écologique et innovante qui à terme sera créatrice d’emplois ».

    Modem : « L’Europe a besoin de coordonner ses politiques européennes » lance le Modem et pour cela « il est indispensable de relever le budget européen à 1% du PIB ». Le parti de François Bayrou propose « de mettre en œuvre un plan de relance européen si la crise s’aggrave encore avec en point de mire une aide aux PME, des mesures de solidarités envers les plus démunis et les classes moyennes touchées par le chômage. En résumé donc, on constate un plan de relance commun et une politique de l’emploi européenne ».

    Europe Ecologie : Sans aucun doute c’est le programme le plus détaillé en matière d’emploi. Il y a une page entière  intitulée « le pilier emploi ». Après avoir fait un diagnostic de la crise financière appelée « américaine », on peut résumé le programme des listes dirigés par Daniel Cohn-Bendit ainsi : la modernisation écologique de l’économie, la création d’emploissocialement utiles et non délocalisables, la réduction du temps de travail qui permet de travailler tous, moins et autrement, l’introduction à l’échelle européenne d’une clause sociale et environnementale des entreprises, l’introduction du principe de responsabilité sociale et environnementale des entreprises, la relocalisation de l’économie.

    Front de Gauche : Avec un programme construit autour de l’impératif écologique, démocratique, solidaire, de la paix, mais surtout l’impératif social, l’alliance des communistes de Marie-George Buffet et du Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon entend soutenir une politique respectueuse de l’environnement et créatrice d’emplois de qualité. On peut regretter le manque de détails concernant le thème de l’emploi ce qui explique la brièveté de notre propos sur ce programme.

    NPA : Première élection à laquelle participe le parti d’Olivier Besancenot qui prend le relai de la LCR. Le NPA présente un programme dans lequel on trouve en bonne place « une Europe sociale – la question de l’emploi ». Conforme à son slogan de compagne, « pas question de payer leur crise » le nouveau parti anticapitaliste met l’accent sur le fait que « les travailleurs et les travailleuses n’ont aucune responsabilité dans la gestion et dans la faillite de ce système capitaliste ». Il réclame d’en « finir avec le chômage et le temps partiel imposé en convertissant en emplois statuaires ou en CDI tous les contrats précaires pour des salaires permettant de vivre correctement, pour une protection sociale à la hauteur des besoins, pour une autre répartition des richesses ».

    FN : Le parti dirigé par Jean Marie Lepen met en place un programme qui s’articule autour de différents points parmi lesquels on peut noter une Europe de l’emploi et de la prospérité : « protéger nos économies et reconquérir notre marché intérieur par une politique commerciale digne de ce nom, par une réinstauration d’un  » ordre » monétaire libre qui nous protégera d’un krach monétaire mondial, par la mise en place d’une vraie politique industrielle, par l’instauration et le respect du principe de préférence nationale et communautaire, par une réforme de la « politique de concurrence et par le refus de toute compétence fiscale à Bruxelles ». Nous n’avons pas vu une proposition clairement énoncée sur l’emploi, donc notre propos ne traduit que ce que nous avons trouvé sur le site dévolu à la campagne européenne.

    Libertas : Le mouvement est représenté en France par le MPF, présidé par Philippe de Villiers et par la CPNT de Frédéric Nihous. Il n’y aura pas de protection sociale durable sans protection économique durable. « Il est urgent, pour protéger nos emplois, de passer du libre échange-inégal au juste-échange. Il faut rétablir la préférence communautaire (interdite par le traité de Lisbonne) pour protéger nos agriculteurs, nos pêcheurs et nos industries ».

    L’Alliance écologie indépendante compte parmi ses candidats Francis Lalanne, propose d’organiser les services publics européens pour éviter la concurrence entre services publics nationaux : Agence européenne de la Poste et du fret notamment. Elle refuse les ponctions migratoires pour satisfaire les besoins de main d’œuvre : nous travaillerons plus longtemps pour satisfaire nos retraites.

    Debout République : la liste dirigée par Nicolas Dupond-Aignan veut « lancer des programmes massifs d’investissement dans les secteurs d’avenir (transport propres, énergies renouvelables, …). Organiser un protectionnisme européen raisonnable et instaurer des droits de douane pour faire cesser le dumping social et environnemental.

    Alternative Libérale : L’union Européenne doit être le garde fou des Etats en vue de la sortie de crise. Elle doit empêcher le recours à la dette et au déficit. Elle doit aussi empêcher le recours au protectionnisme en défendant l’un de ses principes fondateurs : le libre échange. L’Alternative Libérale envisage de mettre fin aux monopoles des entreprises publiques et réformer la sécurité sociale.