Actualité de l'emploi et des réseaux sociaux
8 fév
L’expérience proposée par « Huis clos sur le Net » a pris fin vendredi 5 février. Après 5 jours passés enfermés dans un gîte du Périgord, avec pour seule source d’information le site de micro-blogging Twitter et le réseau social Facebook, les cinq journalistes des Radios francophones publiques (RFP) – Radio Canada, France Inter, France Info, la RSR et la RTBF - reviennent sur leur aventure.
Parmi les conclusions tirées de cette expérience, les journalistes ont relevé la rapidité de relais qu’offre Twitter. Ils ont toutefois souligné l‘importance des médias traditionnels pour ce qui relevait de l’analyse de l’actualité, les réseaux sociaux proposant davantage des faits bruts. La hiérarchie proposée par les réseaux sociaux est également différente puisque ce sont davantage les petites polémiques politiques qui sont mises en avant. L’actualité internationale n’y étant que très peu abordée. Cette constatation pose problème : pour avoir davantage d’audience, les médias classiques devraient-ils se focaliser sur l’actualité du pays ? Les réseaux sociaux s’apparentent davantage à des canaux de diffusion qu’à des médias à part entière. Benjamin Muller, journaliste de France Info, explique : «Il ne faut pas opposer les deux. Les médias classiques sortent une info, Twitter la relaie. Ce sont deux choses complémentaires.»
Plusieurs critiques ont toutefois été formulées à l’égard de ce huis clos fort médiatisé. Du fait que l’expérience ait été annoncée par avance, certains internautes ont été particulièrement vigilants à la rédaction de petits articles d’actualité directement ou indirectement adressés aux journalistes tandis que d’autres ont fait circuler de fausses informations destinées à les induire en erreur.
Cette expérience aura dans tous les cas eu le mérite de faire réfléchir les internautes sur la valeur informative de leurs réseaux sociaux. Il semblerait par ailleurs que le projet ait fait des émules puisque de jeunes journalistes se proposent de décliner l’expérience en ne regardant que les journaux télévisés de 13h et 20h des trois premières chaînes.
5 réponses pour "Huis clos sur le Net : l’heure du bilan"
Excellent !!
Pour aller plus loin je propose « je ne m’informe qu’avec le JT de 13h de JP Pernault » !
Personnellement j’ai déjà testé aussi « je ne m’informe qu’avec Les Guignols » et « je ne m’informe qu’avec le Petit Journal de Barthès », et c’était pas brillant, mais au moins c’était plus drôle que le 20h
Je trouve que les sources d’informations se complètent. Chacune avec sa spécificité !
Les réseaux sociaux peuvent être un plus dans des situations comme le séisme en Haïti ou les manifestations en Iran.
Suivre que le JT de Pernault doit être une sacré expérience ! J’aimerais bien avoir les conclusions d’une telle expérience.
Oui en effet, c’est une démarche intéressante. Moi je vais tester « je me désinforme avec les JT des trois premières chaines » c’est en quelque sorte comme digérer de l’info de troisième génération (digérée et régurgitée trois fois) une sorte de dernier maillon du « téléphone arabe » de la chaine de l’information… Une brève de comptoir mais en plus sérieux…
Je me demande réellement quel est l’intérêt de ce type d’expérience. Les sources d’information sont multiples ; radio, télévision, portails de nouvelles sur Internet (Orange, AFP, etc…) sans compter la presse écrite, et les rapports des amis. FaceBook, Twitter et autres réseaux sociaux sont surtout un moyen de remplacer les échanges courriers que l’on avait avant leur existence. Mais sur le fond, y-a-t-il vraiment une grande différence par rapport à avant ? quand on réalise que le courrier du Temple parcourait Jérusalem – Troyes en deux semaines, a-t-on réellement accéléré si la vitesse de transmission des informations s’accompagne de la nécessité de recouper les sources pour éviter la désinformation ?
@Michel Thomas
L’apport des réseaux sociaux n’est pas de remplacer le courrier comme pourrait l’être le mail, Facebook d’une part est un réseau social, pas un service de messagerie amélioré.
Cet outil à l’avantage et la grande force d’introduire la Chose sociale sur le web, en quelque sorte, de reproduire la diversité des échanges courants au sein d’un groupe de personnes.
Plus important que de permettre d’atteindre n’importe qui à n’importe quel moment (comme le courrier) il permet surtout d’émuler les échange au sein d’un réseau de personnes oû les interactions sont multiples et beaucoup plus riches qu’avec le courrier (en termes de diversité, de densité, mais pas de « verbe », je le concède).
Twitter, de son côté est un service de micro-blogging, il ne remplace pas pour autant le télégramme, mais permet plutôt de dynamiser les échanges et de partager des sources d’informations ou activités.
Sans vouloir être blessant, comparer le courrier du Temple aux NTIC revient à dire que le cheval était plus rapide que l’avion car le temps de construire ce dernier ajouté à celui des réparations, un cloporte à dos d’âne avait le temps de faire le tour de France. Si l’on compte le temps de production, d’édition puis de transport de la lettre du Temple et qu’on le compare au temps de circulation d’une info aujourd’hui, je pense que la différence est vite évaluée. Surtout que, l’avantage de pouvoir confronter l’information permet d’éviter la désinformation, à la différence d’être tributaire d’une source unique non vérifiable.
Je pense, et c’est là qu’est le débat, que l’utilité de ces études est de tester la fiabilité des informations produites et véhiculées sur les réseaux sociaux. L’intérêt de cette étude est double : d’une part, il permet de vérifier la capacité des masses à assimiler, puis véhiculer une information, d’autre part, de mesurer la qualité de ces informations : sont elles analysées ou recrachées ? sont elles comprises ? sont elles objectives ? Est il possible de les confronter ?
Au delà de l’intérêt journalistique, il s’agit d’une expérience sociale.
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