Actualité de l'emploi et des réseaux sociaux
11 déc
Les syndicats et l’organisation patronale TLF ont finalement réussi à trouver un accord à propos des négociations salariales des routiers. Le texte, qui est « en cours de rédaction », devrait permettre la levée du mouvement de grève prévu à partir de dimanche.
« On est arrivé à un accord qui est en cours de rédaction », a annoncé Thierry Douine (CFTC). Quant à la hausse des salaires obtenue, « on s’approche des 4% mais on n’y est pas tout à fait », a affirmé Gérard Martinez (FO).
11 déc
Environ 200 salariés ont manifesté aujourd’hui à Paris devant le siège de l’AP-HP (Assitance Publique – Hôpitaux de Paris) afin de dénoncer leurs difficiles conditions de travail, les réductions d’effectifs et de moyens induits par le projet de réorganisation de l’AP-HP.
« Nous en sommes à la troisième purge en trois ans, toujours dans la plus grande opacité, les personnels sont fatigués, chaque restructuration signifie des emplois et des moyens en moins pour notre mission de service public, et ce dans un contexte de crise qui fragilise les gens », a déclaré Marie-Christine Fararik, secrétaire générale du syndicat Sud Santé.
8 déc
Laurent Wauquiez, secrétaire d’État à l’Emploi, a déclaré ce matin ne pas prendre « à la légère » les tentatives de suicide des agents de Pôle emploi dont les conditions de travail devraient faire l’objet d’une négociation dès janvier 2010.
« Je n’ai pas voulu prendre le sujet à la légère. On a envoyé un questionnaire – j’ai demandé à Christian Charpy, le directeur, de le faire – qui a été envoyé à tous les agents sur ces questions de conditions de travail, d’inquiétude, de difficultés du travail au quotidien », a-t-il confirmé.
Quant aux éventuelles similitudes avec la situation à France Télécom, Laurent Wauquiez précise qu’ « il y a quand même deux différences majeures. A France Télécom, c’est des gens qui sont morts, avec des suicides qui étaient imputés à leur travail. (…) La deuxième chose, c’est que Pôle emploi n’a pas changé de métier. C’est un service public, on reste un service public et le but c’est d’essayer d’aider au mieux les demandeurs d’emploi. France Télécom c’était tout autre chose. C’était ce qui était il y a encore 20 ans une administration qui est devenue une entreprise privée soumise à la concurrence ».
Une réunion d’urgence doit avoir lieu demain entre la direction et les délégués du personnel de Pôle emploi Ile-de-France.
8 déc
Quatre agents de Pôle emploi ont tenté de se suicider par ingestion de médicaments au cours de ces deux dernières semaines. Les jours de ces fonctionnaires ne sont pas en danger, des enquêtes sont en cours afin de comprendre les raisons de leur geste. Depuis le début de l’année, l’agence publique a déjà connu cinq tentatives de suicide.
Le syndicat Force ouvrière demande « des mesures urgentes afin d’arrêter cette spirale infernale et réitère sa demande, à savais la suspension immédiate du déploiement des sites mixtes, des l’accueil commun et de l’entretien unique ». Le Pôle emploi, de son côté, déclare avoir distribué un questionnaire sur le stress à ses 45 000 agents, qui serait en « cours de dépouillement ».
3 déc
Les principales fédérations de cheminots – CGT, UNSA, CFDT et Sud-Rail – ont déclaré ce matin avoir déposé un préavis de grève reconductible pour les contrôleurs, qui débuterait le samedi 12 décembre à 20h.
Ces organisations syndicales dénoncent les modalités de réorganisation des ECT (Etablissements commerciaux trains) dont dépendent les contrôleurs, les suppressions de postes ou encore les conditions de travail. Dans leur communiqué, ils dénoncent un « dialogue social stérile », et une « politique de management agressive envers l’ensemble du personnel des ECT. « Face à l’échec des négociations », les syndicats « ont décidé de déposer un préavis de grève reconductible par période de 24 heures à partir du samedi 12 décembre 2009 à 20h ».
26 nov
Le groupe français Louis Dreyfus Commodities (LDC), propriétaire d’exploitations de canne à sucre et d’éthanol au Brésil, devra répondre des conditions de travail précaires de ses ouvriers, a indiqué la police brésilienne.
Un opération spéciale de la police fédérale a révélé que 286 travailleurs de LDC vivaient dans des conditions proches de l’esclavage : il n’avaient ni eau potable, ni toilettes, ni équipements de protection adéquat, ni lieux de restauration, ni pauses et leurs heures supplémentaires n’étaient pas prises en compte.
La police fédérale a ordonné la fermeture de six des dix exploitations inspectées, ainsi que d’une usine de sucre et d’éthanol appartenant à LDC. Le groupe sera poursuivi pour sous-traitance illégale de main-d’œuvre et non-respect du droit du travail.
20 oct
Après avoir reçu le renfort de plus de 1800 agents pour avoir un meilleur rendement, après l’annonce de la cessation d’une partie de ses prérogatives laissée à des privés pour le désengorger, les employés de Pôle Emploi ont recours depuis aujourd’hui à la grève pour dénoncer leurs conditions de travail.
La fusion entre l’ANPE et les Assédics a donné naissance depuis le 1 er Janvier au Pôle Emploi. Une institution qui avait l’ambition de simplifier les choses pour les demandeurs d’emploi en rattachant le service public de l’emploi et l’assurance chômage. Près de 10 mois après sa mise en action, les accrocs n’ont cessé de jalonner sa courte existence et de facto multiplier les questions sur le bien-fondé de cette fusion.
« Plus de proximité et un interlocuteur unique capable de répondre à tous types de questions de l’inscription au reclassement en passant par l’indemnisation et le suivi » annonçait l’Elysée au moment de son ouverture. Mais il semble, aujourd’hui, que cette polyvalence considérée au départ comme un atout soit devenue par la force de l’expérience un désavantage. Ce qui inspire à un agent une réflexion d’une simplicité biblique mais d’un bon sens manifeste « Est-ce qu’on demande à un boulanger d’être pâtissier ? ». La fusion entre les deux organismes, ANPE et Assedic, fait que les agents ne sont toujours pas dans les meilleures conditions pour répondre aux questions si elles ne portent pas sur leur institution d’origine.
Une incompétence sur certaines sollicitations à laquelle s’ajoutent les conditions de travail de plus en plus décriées. Pôle Emploi reçoit en moyenne plus de 500 000 nouvelles inscriptions par mois. Les agents sont débordés. Là ou les prévisions prévoyaient un agent pour 60 demandeurs d’emploi, il s’avère que le chiffre dépasse allègrement les 95 personnes suivies par chaque agent. Les prescriptions de Taylor et de Stakhanov (principes que l’on peut définir comme donnant « la meilleur manière de produire » et d’être productif) ont leurs limites surtout dans ce genre de service.
Resultat : 5 tentatives de suicides et un suicide sur le lieu de travail depuis le début de l’année. On n’en est pas encore à un scénario à la France Télécom mais il semble incongru que ceux qui doivent donner des indications et conseils pour retrouver un travail aux chômeurs ne soient pas eux même dans de bonnes conditions de travail.
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10 sept
Un agent de France Telecom du centre d’intervention de Troyes, à qui sa direction venait de confirmer que son poste était supprimé et que les postes disponibles étaient à une centaine de kilomètres, a tenté hier de se suicider en se poignardant lors d’une réunion de son service convoquée par le manager. Ce qui pouvait porter, si son geste avait abouti, à 23 le nombre de suicides depuis 18 mois dans cette entreprise. France Telecom n’est pas un cas isolé. Les suicides liés au travail augmentent de plus en plus dans l’univers de l’entreprise.
Les causes du mal les plus dénoncés sont les mauvaises conditions de travail et le stress lié au travail. Christophe Dejours, titulaire de la chaire psychanalyse – santé – travail au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), le rappelait dans lemonde.fr en évoquant des pistes pour soulager ceux qui souffrent. Il indique que certains pensent que la solution viendrait de « l’idée d’une coupure entre vie personnelle et vie au travail. » « Or, sur le plan psychique, elle n’existe pas. Quand quelqu’un souffre au travail, cela vient dégrader sa vie personnelle » précisa t-il.
Il existe depuis peu des statistiques pour les suicides liés au travail mais il ressort que gardien de prison, policier, psychiatre, urgentiste ou pompier constitue des « métiers à risque ». C. Dejours rame à contre – courant d’une idée qui prospère en déclarant que « la crise ne suffit pas à aggraver ce risque. Ce qui joue, c’est l’absence de remise en question d’une organisation du travail qui produit 300 à 400 suicides par an et une montée des pathologies mentales. »
Les événements malheureux des dernières semaines amèneront, espérons le, les pouvoirs publics à une remise en question de l’organisation du travail tant décriée. D’ailleurs France Telecom n’a pas tardé, vu l’ampleur de la situation, à annoncer des mesures face aux suicides des salariés.
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