Actualité de l'emploi et des réseaux sociaux
11 mar
La journée de la femme continue chez Helia, une étude menée par le cabinet de conseil en informatique nous renseigne sur les principales exigences des femmes au sujet de leur emploi. Ainsi la rémunération est le critère le plus important pour 3 femmes sur 4 interrogées. La moitié d’entre elles considèrent que les conditions de travail sont tout aussi important ainsi que les perspectives d’évolutions (41 %).
Des attentes qui semblent toujours plus proches de celles des hommes, les femmes ne sont aujourd’hui plus que 4 % à considérer les solutions de garde pour enfant comme une priorité. Cependant elles sont près de 90 % à considérer le temps de transport entre le domicile et le travail comme le premier ou le second avantage principal.
10 mar
Si les absences de professeurs réjouissent souvent les jeunes élèves, elles inquiètent les parents quant au suivi scolaire de leurs enfants et coûtent cher à l’Etat. Le ministre de l’éducation, Luc Chatel, entend calmer cette inquiétude en proposant une « mobilisation générale » contre l’absentéisme.
Le ministre a demandé, mesure pour le moins inattendue, aux rectorats de « constituer un vivier supplémentaire de contractuels associés : des personnes qui auront déjà été vues par les inspecteurs, et dont on sait qu’on pourra les appeler au pied levé, pour un ou trois jours, des jeunes retraités de l’Education nationale, des étudiants qualifiés ou adultes diplômés« . M. Chatel souhaite également «enclencher la recherche de solutions dès le premier jour» et «concentrer les moyens» sur les absences de courte durée.
Les syndicats enseignants, lycéens, étudiants et les chefs d’établissement sont en désaccord avec cette mesure. Le SNES (Syndicat national des enseignements du second degré), principal syndicat du secondaire, rappelle ainsi que « le ministre feint d’oublier qu’à la rentrée, il a supprimé 3000 postes de remplacement ».
10 mar
The Machine. Son nom ne vous dit rien pour le moment et pourtant il sera peut-être le plus grand journaliste des temps moderne. Sa spécificité ? Ce journaliste n’a rien d’humain, il appartient à un programme d’intelligence artificielle, Stats Monkey, capable en deux secondes seulement d’écrire un article de baseball. C’est ce que révèle un passionnant reportage du Monde.
Il suffit qu’un humain indique sur quel match doit porter l’article, le programme travaille ensuite complètement en autonomie : accumulation de données brutes, classement des informations et retranscription grâce à une base de données contenant des figures de style ou des phrases fréquemment employées dans la presse sportive. Le tout est rédigé sans aucune faute et peut être modulé selon le niveau de langue désiré (plus ou moins imagé) et le parti pris (pour l’une ou l’autre équipe). Le contenu peut également être automatiquement illustré de photos trouvées sur Internet. Par la suite, le programme enrichira lui-même son vocabulaire grâce à une base d’articles écrits par des journalistes.
Une version commerciale de Stats Monkey sera bientôt disponible en ligne. Les créateurs du projet, professeurs spécialistes d’intelligence artificielle, Larry Birnbaum et Kris Hammond, destinent ces articles, comparables selon eux avec les brèves qui peuvent être rédigées par des agences de presse, aux sites web qui n’ont pas les moyens de rémunérer des pigistes pour les comptes-rendus des matches. Par la suite, Stats Monkey pourrait également rédiger des articles dans d’autres domaines sportifs et même dans le domaine de la finance, car là aussi les expressions sont relativement figées. L’enjeu serait de permettre aux journalistes de se débarrasser des tâches répétitives pour leur permettre de faire davantage de journalisme d’investigation. Mais certaines rédactions ne risquent-elles pas de se contenter de ces programmes ?
Dans le même esprit, News at Seven fabrique automatiquement de mini-journaux télévisés à partir de thèmes choisis par l’internaute : les informations sont recherchées sur des sites d’informations puis retranscrites en voix de synthèse. Un autre système intelligent, Tell Me More, permet de construire un article à partir d’un autre déjà publié par CNN qu’il enrichit ensuite de diverses informations trouvées sur d’autres sites.
On savait le métier de journaliste menacé par les nouveaux médias mais on n’imaginait pas encore la concurrence des robots. Toutefois, on peut noter quelques bémols comme l’absence de mise en perspective ou de vérification rigoureuse des informations glanées.
Mais qui vous dit que l’article que vous venez de lire a été rédigé par un humain ?
9 mar
L’association Emmaüs, connaît pour la première fois de son histoire une grève nationale. Créé par l’abbé Pierre en 1949, Emmaüs procure aux personnes les plus démunies un hébergement et accompagnement social en vue de leur réinsertion.
L’appel à la grève a été lancé par l’intersyndicale Sud, CGT et FO. Les salariés demandent « des négociations sérieuses et loyales sur leurs conditions de travail, leurs salaires, la limitation des recours aux contrats précaires et le droit syndical », précise le communiqué. L’intersyndicale signale qu’« Emmaüs ne devrait pas être un patron comme un autre ».
La direction d’Emmaüs prend ces problématiques « très au sérieux » et dit avoir « formulé des propositions ». Elle reconnaît par ailleurs que « l’évolution des publics accueillis, l’ouverture des centres 24 heures sur 24, la gestion des situations de violence, ont conduit à de profondes modifications des conditions de travail et généré de nouvelles souffrances et stress au travail ».
Ce mouvement social ne concerne que les salariés (ils sont 459 en France) et non les compagnons, ni les bénévoles. Ils étaient une centaine à manifester ce matin devant le siège d’Emmaüs à Paris.
9 mar
Ce 9 mars, la journée nationale de la justice est officiellement rebaptisée la journée « justice morte ». Les syndicats de magistrats, de personnels judiciaires mais aussi ceux de l’administration pénitentiaire et des avocats entendent protester contre le projet de réforme de la procédure pénale. En effet, ce dernier prévoit, entre autres, la suppression du juge d’instruction, jusqu’ici indépendant, dont les pouvoirs d’enquête seront donnés au parquet, dépendant du ministère, afin de désengorger les tribunaux.
Parmi les autres mesures contestées en matière d’emploi, la diminution des « effectifs de magistrats et de fonctionnaires des greffes » qui « sont réduits au point d’hypothéquer le fonctionnement normal de l’institution ».
Les professionnels de la justice manifesteront aujourd’hui entre le Palais de justice de Paris et la chancellerie.
8 mar
A l’issu du comité central d’entreprise (CCE), la fermeture officielle de la raffinerie Total du site de Dunkerque a été annoncée. 370 emplois pourraient toutefois être sauvegardés grâce à la création d’un dépôt, d’un centre de formation et d’un centre technique et de reclassements. La raffinerie comptait 370 salariés directs et entre 400 et 450 sous-traitants.
L’installation d’un terminal méthanier à Dunkerque, annoncé par EDF et Total, devrait permettre de sauvegarder « une cinquantaine d’emplois directs ». La décision quant à ce projet sera prise avant l’été et le méthanier pourrait être mis en service en 2014. Ce projet « mobiliserait jusqu’à 1 200 personnes pendant la construction » et pourrait générer « au moins une cinquantaine d’emplois directs, auxquels devraient s’ajouter quelques 150 emplois indirects » en phase d’exploitation.
Christian Estrosi, le ministre de l’industrie, « sera très attentif à ce que cette première réponse soit complétée à travers un projet précis et daté d’implantation de nouvelles activités permettant le maintien de l’emploi et du site industriel de Dunkerque », selon un communiqué. Les syndicats eux, après la grève nationale d’une semaine menée en février, ont appelé à une manifestation aujourd’hui, à la Défense.
8 mar
« C’est par le travail que la femme a en grande partie franchi la distance qui la séparait du mâle ; c’est le travail qui peut seul lui garantir une liberté concrète. », affirmait Simone de Beauvoir dans Le Deuxième Sexe. Une manière pour la femme de reconquérir ces droits dont il est question aujourd’hui pour les 100 ans de la journée internationale de la femme organisée autour du thème « Droits égaux, opportunités égales : progrès pour tous ».
Un thème large qui va permettre sans doute d’évoquer de nombreux points chaud de l’actualité et qui vont du livre d’Elisabeth Badinder, Le conflit, la femme et la mère, jusqu’au quota prévu dans les Conseils d’Administration en passant par la législation sur le harcèlement au sein du couple.
La thématique de cette année permet de revenir sur les acquis des femmes au prix de luttes sociales et d’évoquer les grands noms qui les ont portées. Au nombre de ceux-ci on peut compter Simone de Beauvoir, Simone Veil… mais également toutes les personnes qui œuvrent anonymement pour une égalité des genres (sexes).
Il n’en demeure pas moins que la question de l’emploi reste cruciale puisque dans ce secteur, comme dans bien d’autres, de réels progrès sont encore à accomplir malgré des avancées assez significatives.
A titre d’exemple, une récente étude de l’Insee révèle que les femmes sont de manière générale mieux formées et mieux diplômées que les hommes mais… gagnent moins qu’eux ! En 2008, seulement 37% des garçons étaient diplômés de l’enseignement supérieur contre 51% des filles et pourtant entre 2003 et 2008, en début de vie active les hommes non diplômés gagnaient 23% de plus que les femmes de même niveau. Une différence de salaire estimée à 21% chez diplômés du supérieur long. Par ailleurs, la Halde note un nombre croissant de discriminations pour grossesse.
La journée internationale de la femme, est aussi l’occasion de l’inauguration d’un nouveau réseau social : Femibook. Il s’agit d’un réseau communautaire gratuit réservé aux femmes. Il est ainsi possible de s’informer et de participer à l’animation du site. Au menu : sondages, petites annonces, événements, vidéos, blogs, albums photos, groupes, quizz, forums, articles, chaînes TV thématiques. Les femmes inscrites à ce groupe peuvent par ailleurs agir sur leur mur Facebook depuis ce site et le message paraîtra simultanément.
Une nouvelle avancée technologique mais est-il vraiment nécessaire de cloisonner les sexes dans les activités de tous les jours ?
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5 mar
De plus en plus de discriminations sont recensées, et surtout dans le monde du travail. C’est ce que révèle le rapport annuel 2009 de la HALDE (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité) qui a enregistré 10 546 réclamations en 2009, soit 21% de plus qu’en 2008 et 69% de plus qu’en 2007.
48,5% des réclamations concernaient des discriminations en matière d’emploi, dont un tiers portait sur le recrutement et deux tiers sur le déroulement de carrière. Deux tiers concernaient le secteur privé.
28,5% des réclamations portaient sur une discrimination due à l’origine, 18,5% sur l’état de santé et le handicap,6,5% le sexe, 6% les activités syndicales, 5,5% l’âge. A moindre part on comptait également les convictions religieuses, la situation de famille, la grossesse, l’orientation sexuelle, l’apparence physique et les opinions politiques. 22% des réclamations faisaient référence à d’autres motifs de discrimination.
32 000 euros de réparation ont ainsi été versés à un salarié dont le licenciement constituait une discrimination raciale et deux salariées, qui ont saisi les prud’hommes car elles gagnaient moins que leurs collègues masculins, ont obtenu 95.646 euros et 51.570 euros. La HALDE permet essentiellement des avancées en matière de jurisprudence concernant les discriminations.
4 mar
Aujourd’hui, le Président Nicolas Sarkozy était à Marignane (Bouches-du-Rhône), chez Eurocopter, pour clore les Etats généraux de l’industrie. Il reprenait les principales propositions faites par les représentants des entreprises, les partenaires sociaux et les ministres eux-mêmes. Une série de mesures ont ainsi été énoncées pour contrer la « désindustrialisation massive » qui opère depuis l’an 2000. Parmi les principaux dispositifs énoncés concernant l’emploi :
- 500 millions d’euros de prêts verts Cette somme servira à soutenir l’investissement des entreprises dans le développement durable.
- Mise en place d’une politique de filières Un investissement sectoriel de 300 millions d’euros devra permettre l’émergence de filières stratégiques (le numérique, les transports, l’énergie, la pharmacie, les matériaux innovants, le luxe et l’agroalimentaire) dans lesquelles la France possède un avantage compétitif de départ. Les relations entre les donneurs d’ordre et les sous-traitants devraient ainsi être amenées à évoluer. Un médiateur de la sous-traitance sera désigné le mois prochain pour veiller à « diffuser les bonnes pratiques ».
- Révision du rôle d’actionnaire de l’Etat dans les grandes entreprises industrielles L’Etat désire instaurer un dialogue biannuel, de nature industrielle et stratégique, entre les patrons des entreprises dont l’Etat est actionnaire (Renault, Air France, Areva, …) et l’Etat qui sera représenté par l’agence des participations de l’Etat (APE), le ministère de l’industrie ou du secteur concerné. Reste à savoir comment l’Etat pourra à la fois garantir la compétitivité des entreprises et les objectifs en matière d’emploi.
- Encourager et «pérenniser l’emploi industriel sur le long terme» La population active industrielle a chuté de 15% depuis 2000. Ce sont
535 000 emplois qui ont disparu. L’Etat entend redynamiser l’emploi dans ce secteur en développant le tutorat par des séniors, en réorientant la formation et en encourageant la localisation des outils de production et de recherche en France. 185 millions d’euros seront ainsi destinés à accorder des avances remboursables aux entreprises désirant investir en France. Une difficulté majeure freine pour le moment la reprise de l’activité dans le secteur de l’emploi industriel : le financement de la protection sociale.
Pour la CGT, «le gouvernement ne doit pas refermer le dossier des États généraux de l’industrie (…) après un discours du président de la République». Les fédérations métallurgie et chimie de ce syndicat étaient d’ailleurs appelées à une journée de mobilisation ce jeudi pour la défense de l’emploi dans l’industrie.
3 mar
Les questions et les problèmes régionaux sont la déclinaison de ceux nationaux. Une fois ce constat fait et sachant que la priorité des français reste l’emploi, on n’est en mesure de s’interroger sur les véritables compétences des régions dans ce secteur à quelques jours de l’élection de 22 nouveaux présidents de régions.
Les régions dépendent de l’Etat qui lui même dépend en grande partie d’une politique commune, sous bien des angles, de l’Union Européenne. Le président de la Commission européenne, José – Manuel Barroso, disait que les régions restent « le premier creuset de la connaissance, de l’activité économique, de l’emploi, de la cohésion sociale et l’innovation ».
Quelles sont les compétences des régions en matière d’emploi ?
Elles doivent assurer le développement économique à travers l’aide à la création d’entreprises (plafonné à 500 000 euros par entreprise), le prêt et la subvention aux entreprises. Différentes tâches qui ne représentent « que » 7,8% de son budget annuel soit 2,17 milliards d’euros. Peut mieux faire. Comment expliquer le faible pourcentage des questions liées à l’emploi dans le budget total des régions ?
Il faut comprendre que dans la hiérarchie des différentes compétences des régions l’emploi vient après les transports publics, l’éducation (les lycées) et la formation professionnelle et l’apprentissage. Cette derrière catégorie est souvent rattachée, à raison, à l’emploi. La formation d’une main d’œuvre de qualité constitue effectivement un élément important pour soutenir l’emploi. Elle permet à 80 % des jeunes de trouver un emploi à la sortie de la formation.
Les régions restent, néanmoins, impuissantes devant l’utilisation des fonds (aides ou subventions) alloués aux entreprises pour la formation professionnelle ou l’apprentissage. Dans plusieurs cas, des entreprises ayant bénéficié de fonds ont fini par être délocalisées ou licencier du personnel. L’exception qui confirme la règle est la région Poitou – Charentes qui est entrée dans le capital de Heuliez pour éviter la fermeture de l’usine et la suppression de 292 emplois sur un millier. Seule région française à avoir franchi ce cap pour sauver des emplois.
Les Régionales 2010 permettront de donner une couleur politique à chacune des 22 régions. Les différents programmes des partis politiques engagés mettent l’accent selon leur sensibilité et leur idéologie sur la formation des jeunes, l’aide aux PME, une fiscalité moins lourde pour encourager les entreprises à embaucher, les emplois liés au développement durable, une plus grande égalité Homme – Femme au sein des entreprises…
Le premier tour est prévu le 14 mars.