Actualité de l'emploi et des réseaux sociaux
11 mar
La majorité des entreprises du CAC 40 (33) ont bouclé l’année 2009 avec des bénéfices. Elles ont dégagé plus de 49 milliards de profits. Paradoxe ! L’Insee annonce, ce jeudi, que l’économie française a détruit en 2009 beaucoup plus d’emplois qu’elle n’en a créé (trois fois plus qu’en 2008). Il s’agit de 322 000 emplois détruits dans le privé, comparé à 2008, le pourcentage est de – 1,8%.
Malgré une baisse de 40,7% par rapport au niveau d’avant crise de 2007 et de 14,6% comparé à 2008, les 40 plus grandes entreprises françaises qui composent l’indice phare de la Bourse de Paris ont beaucoup plus résisté aux effets de la crise qu’on ne le pensait.
Sanofi-Aventis est l’entreprise qui s’en sort le mieux. La multinationale pharmaceutique a largement profité de la vraie fausse menace de la Grippe A avec les commandes gouvernementales de vaccins entre autres pour faire 7,8 milliards d’euros de bénéfices.
Total, qui vient d’annoncer la fermeture de sa raffinerie de Dunkerque, ne semble pas être touché outre mesure par la crise. L’entreprise occupe la deuxième place avec 7,78 milliards d’euros de bénéfices en 2009.
Décriées au plus fort de la crise pour leurs responsabilités, renflouées par l’Etat, les banques françaises ont toutes renouées avec le profit en 2009. Ce qui se matérialise avec la troisième place de BNP Paribas avec 5,8 milliards de bénéfices devançant très largement sa rivale, la Société Générale (678 millions de bénéfices).
Seules sept entreprises du CAC 40 ont enregistrée des pertes d’un total de 8,43 milliards d’euros.
Quid des prévisions pour 2010 ? Et de l’emploi ?
Les experts semblent être confiants. « Les résultats repartiront à la hausse cette année. Les entreprises françaises ont encore la possibilité de réduire leurs coûts. Et les entreprises exportatrices tireront partie de la baisse de l’euro par rapport au dollar » prévoit Benoît Peloille, stratégiste chez Natixis dans le Figaro.
Si ces belles promesses d’embellie se confirment, on pourrait assister « dans les semaines et mois à venir » à un positif réchauffement du marché de l’emploi avec des entreprises qui embauchent.
22 fév
Les femmes excellent dans de nombreux domaines. Au nombre de ceux-ci, la direction d’entreprise. C’est ce que révèle une étude réalisée sur les entreprises du CAC 40 dont Rue89 dévoile les résultats.
Les entreprises qui ont un taux de femmes élevé obtiendraient ainsi de meilleures performances économiques que les autres. Si les femmes sont en moyenne présentes à hauteur de 29,59 % dans les entreprises du CAC40, les entreprises comptant plus de 35% de femmes ont connu un hausse de leur chiffre d’affaires supérieure de 23,54% contre seulement 14,61% pour les autres.
Les résultats sont comparables en matière de croissance, de rentabilité, de productivité du travail et de création d’emplois. Une différence que l’étude explique en partie par l’attitude différente des femmes face au risque et à l’influence positive de la diversité des ressources humaines au sein d’une entreprise.
Est-ce que les entreprises réussissent parce qu’elles comptent plus de femmes ou est-ce que ce sont les entreprises qui réussissent qui recrutent plus de femmes ? La question reste posée.
22 fév
Moins de 24 heures après la publication du classement des entreprises les plus stressantes, le ministère du travail a fait machine arrière en enlevant les listes « rouge » et « orange » de son site. Quels sont les dessous de ce revirement ? Comment en est-on arrivé là ? Et quelle lecture peut on faire de la situation ?
Début octobre Xavier Darcos, ministre du travail, lance le plan de prévention contre le stress professionnel. « Trop contentes d’avoir échappé à des sanctions financières et à peine sorties de leurs délicates négociations sur les séniors, la majorité des entreprises ne se précipitent pas pour lancer des négociations avec leurs partenaires » souligne le magazine Usine nouvelle pour expliquer le retard pris par la majorité des entreprises qui étaient dans les listes « orange » et « rouge ». On tombe là où on penche. Mais est-ce que toutes les fautes incombent-elles aux seules entreprises ?
Le ministère du travail, de par la présentation des critères d’évaluations qui laissaient une large place à la polémique et à l’incompréhension, a sa part de responsabilités. « Doit-on considérer qu’un accord sur les conditions de travail, ou sur l’équilibre vie privée vie professionnelle épuise le sujet des risques psycho-sociaux ? » se demande encore Usine nouvelle. En effet, deux éléments doivent entrer en compte : le contenu et le contexte. Deux critères qui n’ont sans doute pas été pris en compte comme ils devaient l’être, pour catégoriser les entreprises, par la petite équipe (quatre personnes) chargée de coordonner ce travail avec leurs équipes en région. Si l’initiative de prévenir le stress au travail doit être saluée à sa juste valeur, il est déplorable que les moyens ne suivent pas pour mener à bien bien le projet.
A la publication du classement le 18 février, l’équipe est assiégée par les demandes et les interrogations des entreprises, conscientes de la mauvaise publicité auprès de leurs partenaires et du grand public. Certaines cherchant coûte que coûte à intégrer la liste « verte » n’ont pas hésité à faire appel au MEDEF pour appuyer leurs actions. Sous des pressions venant de toute part, le ministre du travail choisi de supprimer les listes « orange » et « rouge », tout en gardant la verte, actualisée à mesure que les conditions soient remplies par les entreprises. Où comment faire disparaitre quelque chose qui existe encore.
La situation du stress en milieu professionnel a été mise au grand jour par la vague de suicides chez France Télécom. Une entreprise qui, selon les critères du ministère du travail, a depuis beaucoup fait contre ce mal (elle fait partie dans la liste dite « verte »). En revanche pour sa communication, il faudra repasser. France Télécom vient d’annoncer le recrutement de Christine Albanel comme responsable de sa communication. On se rappel que l’ex-ministre de la Culture a été démise de ses fonctions lors du dernier remaniement gouvernemental entre autres pour… une communication mal gérée lors du premier projet de loi Hadopi.
19 fév
Jeudi 18 février, le ministre du Travail, Xavier Darcos, faisait paraître trois listes classant les 15000 entreprises de plus de 1000 salariés en fonction de leurs efforts de prévention du stress au travail. La liste verte récompensait les entreprises ayant signé un accord , la liste orange comportait celles ayant engagé une ou plusieurs réunions de négociation et la liste rouge dénonçait celles qui n’ont rien entrepris ou n’ont pas répondu au questionnaire soumis par le ministère.
Xavier Darcos avait alors déclaré à Paris Match : « Celles classées en rouge seront connues de tous, elles subiront la pression de leurs syndicats et du marché. »
Après 1,2 millions de pages vues jeudi sur le site du gouvernement, le ministère a finalement décidé de supprimer les listes oranges et rouges du site. A la place, on y trouve cette explication : »A l’issue de la première classification, de nombreuses entreprises classées en rouge ou en orange ont fait part au ministère du Travail de leurs intentions d’engager ou de poursuivre des démarches en matière de lutte contre le stress », a écrit le ministère dans un message sur le site internet. Nous nous employons à préparer une nouvelle photographie de la situation des entreprises ».
La liste verte reste publiée et le Ministère a déclaré accorder plus de temps aux entreprises mal classées car certaines se seraient plaintes de ne pas avoir eu le temps de répondre au questionnaire.
18 fév
Pour défendre la liberté d’entreprendre et prôner une valorisation humaine de l’entreprise, le mouvement patronal Ethic apporte tout son soutien à Quick qui ne fait pas que des heureux pour avoir proposé une offre exclusivement halal dans 8 de ses établissements.
Dans un communiqué, Ethic défend l’idée que « ce choix halal résult(ait) tout simplement de la rencontre entre l’offre et la demande et d’un choix marketing. Que ce choix réponde à un goût particulier, au succès d’une spécialité étrangère ou à une tradition culturelle ou religieuse, relève de la liberté d’entreprendre ».
Un soutien qui intervient après que le maire de Roubaix René Vandierendonck ait affirmé son intention de saisir la Halde pour discrimination. Et maintenant, c’est au tour de Ethic de dire que la possible démarche de l’élu de Roubaix serait discriminante. L’arroseur arrosé ?
La chaine de restauration rapide a mise en place, depuis décembre, une offre exclusivement halal dans 8 de ses établissements. Ce qui, après un peu plus de deux mois d’existence, semble satisfaire la demande. « Deux enseignes Quick ont été obligées de refuser des clients » détaille le communiqué pour mettre en évidence le bien fondé de la mesure.
18 fév
Picard Surgelés, le labo pharmaceutique GSK ou encore le groupe Labeyrie se trouvent dans la liste rouge des entreprises où la prévention contre le stress n’a guère avancé. C’est ce qui ressort du plan de lutte contre le stress au travail lancé par le gouvernement l’automne dernier.
Suite à la vague de suicides chez France Télécom, le gouvernement avait lancé, début octobre 2009, un plan de prévention contre le stress au travail. Les entreprises de plus de 1000 employés devaient commencer une négociation avec les syndicats sur le stress et notifier les progrès enregistrés sur le site du ministère du travail avant le 1er février dernier. Etaient concernées 1 500 entreprises françaises de plus de 1000 salariés. Selon plusieurs critères, les entreprises sont classées en trois catégories.
En outre des bonnets d’ânes cités plus haut qui se trouvent dans le rouge (12%), il y a celles qui sont dans le orange comme France Télécom, SFR, Décathlon, Sony, Chocolat Mars, Maaf, MMA… Elles représentent la grande majorité des entreprises avec 56 %.
Enfin, il y a les premiers de la classe qui ont reçu le feu vert du gouvernement. On peut citer Sodexo, PSA, Thales, GDF Suez, Yoplait, Rhodia, la Fnac… Il sont 32 %.
En lançant cette opération, le gouvernement compte « seulement » sur la mauvaise publicité faite pour les entreprises de la catégorie « rouge » pour faire avancer les choses puisqu’aucune sanction n’est prévue à leur encontre.
La cartographie complète de toutes les entreprises selon leurs catégories est à retrouver sur le site travailler-mieux.
10 fév
INSEE vient de publier le classement des villes françaises les plus dynamiques. Un classement axé exclusivement sur des fonctions comme les prestations intellectuelles, la recherche, le commerce aux entreprises ou la gestion. Autrement dit, les emplois dits « métropolitains ».
« Derrière Paris, qui sans surprise contient la plus forte proportion d’emplois à forte valeur ajoutée de ce type, se rangent aussitôt Grenoble, Toulouse, puis Lyon. Si Strasbourg, Rennes et Lille les suivent d’assez près, Marseille et Bordeaux n’arrivent que loin derrière, en 11 e et 12 e position » précise le Figaro.
Ce sont des fonctions qui nécessitent d’énormes infrastructures de transports, des centres de formations. Les territoires à même de fournir des services rares (aéroport, réseau très haut débit, un opéra… ) sont avantagés. Une main d’oeuvre bien formée constitue également un atout majeur qui entre en compte des critères de sélection. Les emplois « métropolitains » sont en hausse au cours des trois dernières décennies. Ils représentent aujourd’hui 25 % de l’ensemble des emplois alors qu’ils étaient de 20 % en 1982.
Comment comprendre ce classement et comprendre que Grenoble, par exemple, en soit à la deuxième position. Malgré une population moyenne au niveau de l’effectif, la différence s’est faite sur d’autres critères. C’est une ville qui a joué depuis plusieurs années la carte de la synergie : l’implantation du Conseil à l’Energie Atomique dans les années soixante, puis une tradition industrielle par la suite, ont notamment abouti à une convergence d’atouts : un nombre importants de chercheurs, « 10 écoles d’ingénieurs », des grandes écoles, ainsi qu’un tissu industriel solide capable de donner des emplois aux futurs diplômés.
De manière concrete, les emplois « métropolitains » constituent un plus puisque chacun d’entre eux génère 2 à 2,5 emplois supplémentaires. En revanche, le caractère « international » qui les accompagnent fait qu’ils sont soumis, un peu plus que les autres emplois, à la concurrence étrangère donc plus facilement à la délocalisation.
8 fév
Le premier ministre doit présenter, ce lundi, « un point d’étape » qui ressemble beaucoup à la fin du débat sur l’identité nationale des personnes physiques en France, mais qu’en est-t-il de l’identité des entreprises françaises constituées, elles, par des personnes morales.
L’excellent éditorialiste de Challenges, Denis Kessler évoquait, il y a quelques semaines, les origines des entreprises françaises au siècle dernier en affirmant qu’ « on donnait le nom de famille à ces entreprises et, comme dans Lucky Luke, on ajoutait « and Bros. » pour désigner la fratrie, ou « and Sons. » pour nommer la descendance ». Les raisons sociales, en l’occurrence la généalogie familiale, portaient explicitement l’adjectif « français » ou «national ».
Mais une analyse historique montre que les entreprises ont un sort parfois totalement divergent de celui de la nation en période de crise économique (1929) ou en temps de guerre (première et seconde guerre mondiale par exemple pour ce qui concerne la France). Certaines profitent de situation de chaos pour se développer alors que d’autres moins chanceuses s’effondrent. A la libération, en 1945, à côté des séances de psychiatrie nationale que constituaient les lynchages et tonsures de femmes, sur la voie publique, qui avaient « trempé » dans l’infamie de la collaboration avec l’ennemi, les entreprises ont été nationalisées pour mettre en relief un lien étroit entre l’entreprise et l’Etat.
Ce mouvement, jamais démenti de manière catégorique sous la V ème République malgré les réticences de certains présidents, fut accentué avec l’arrivée de Mitterrand en 1981. Mais l’entrée de l’Espagne et du Portugal dans la CEE (Communauté Economique Européenne) en 1986 constitue un tournant dans l’identité française des entreprises. Elle marquait, 31 ans après le traité de Rome, un vrai tournant vers la mise en place d’une Europe unie par des textes (économiquement puis… politiquement). Certaines entreprises passèrent de nationales à « plurinationales » ou « globales ».
Depuis, cette tendance s’est accentuée et s’est généralisée malgré le fantasme que Denis Kessler décrit comme étant « la peur des « entreprises étrangères » aux desseins toujours maléfiques, qui font «main basse » sur nos entreprises ». Ce qui amène à poser la question suivante. Qu’est-ce qu’une entreprise française ? Il n’en existe pas une définition standard. Mais sans les sociétés étrangères, les investissements étrangers, les chercheurs ou sans les travailleurs étrangers, les entreprises dites françaises occuperaient-elles les places qu’elles occupent aujourd’hui dans l’économie mondiale ?
L’Union Européenne interdit, à travers les lois sur la concurrence, les discriminations entre entreprises selon la nationalité. Le monde des personnes morales – des entreprises – serait-il plus égalitaire que celui des personnes physiques ?
25 jan
La vague de suicides chez France Télécom a eu un « effet positif », celui de mettre la lumière sur l’ampleur d’un mal : le stress au travail. Et aux grands maux, les grands remèdes. Xavier Bertrand, ministre du travail, avait lancé en octobre un plan d’urgence pour la prévention du stress au travail dans les entreprises plus de 1000 employés. Elles doivent s’inscrire sur le site internet du ministère du travail avant le 1 er février en prenant des mesures contre le stress professionnel. A quelques jours de la date butoir, les entreprises ne se bousculent pas au portillon pour s’inscrire.
Quelles sont les conditions demandées ?
Les entreprises de plus de 1000 employés doivent avoir commencé
une négociation avec les syndicats sur le stress et progresser. Par la suite, elles doivent s’inscrire sur le site internet du ministère et y indiquer, avec la plus grande minutie, les efforts et démarches mis en place pour lutter contre le stress (plan d’actions, accord signé avec les syndicats, accord de méthode pour entamer des négociations, etc). Le ministère du travail précise que l’essentiel, dans les entreprises, n’est pas de signer un accord, ce qui serait un peu précipité, mais d’oeuvrer pour, en dialoguant avec les représentants des salariés.
Après un rappel, par courrier aux concernés, en décembre de la Direction générale du travail, la dernière ligne droite est largement entamée. Pour l’instant, on est loin de la grande bousculade au niveau des entreprises inscrites. A la mi janvier, seules 250 des 1800 entreprises étaient inscrites en respectant les conditions du ministère du travail. Mais au niveau de la Direction générale du travail, on reste optimiste en évoquant le délai entre l’inscription des entreprises et la validation de cette même inscription.
Dès mi février, l’ensemble de ces grandes entreprises seront classées en trois catégories: « feu vert » (celles qui ont signé un accord), « feu orange » (celles qui ont entrepris une démarche) ou « feu rouge » (celles qui n’ont rien entrepris), et seront désignées à l’opinion publique, via un site internet.
19 jan
Patrons séquestrés, employés en colère, grèves et manifestations, en 2009 les médias nous ont montré de nombreux cas d’entreprises en défaillance.
L’INSEE précise « Une entreprise est en situation de défaillance ou de dépôt de bilan à partir du moment où une procédure de redressement judiciaire est ouverte à son encontre. Cette procédure intervient lorsqu’une entreprise est en état de cessation de paiement, c’est-à-dire qu’elle n’est plus en mesure de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. » Le taux de défaillance correspond au rapport entre le nombre de défaillances d’entreprises observées durant une année et le stock d’entreprises au premier janvier de cette même année.
Cette année, les défaillances d’entreprises ont augmenté de 11,4% en 2009. On dénombre ainsi 61 595 cas de redressements judiciaires.
Les entreprises les plus touchées sont les PME. Elles restent des entreprises fragiles même si le gouvernement tend à les revaloriser. Les sociétés les plus jeunes sont également les plus touchées (+23% pour les entreprises de moins de trois ans). Parmi les secteurs les plus touchés on compte principalement les activités financières et d’assurance (+36%), l’industrie manufacturière (+25%) et l’immobilier (+24,8%).
2008 avait déjà atteint une augmentation de 10,3% mais l’année 2010 restera dans les annales avec un taux record depuis 1993. Toutefois ces données ne sont pas aussi catastrophiques que ce qu’il pourrait sembler puisque l’année dernière on aurait pu craindre la possibilité d’un taux de 20%. Le dernier trimestre a même vu la progression se ralentir.