Le syndicat CGT de France Télévisions a déposé un préavis de grève reconductible à partir du 13 mars à minuit. Si aucun accord n’est conclu d’ici dimanche 13 mars, la soirée électorale risque d’être fort perturbée. L’objet du litige provient de multiples désaccords autour de la nouvelle convention collective qui doit être validée au plus tard le 7 juin.
Suite à la réforme de l’audiovisuel public qui a transformé France Télévision en une entreprise commune (le groupe était constitué d’une quarantaine de sociétés auparavant), la loi exige une nouvelle convention collective. Mais les représentants des salariés ont considéré lors des nombreuses négociations que cette nouvelle convention n’apportait pas de garantie suffisante sur les salaires et remettait en cause les 35 heures.
A l’heure actuelle, les discussions entre la CGT et la direction se poursuivent, cependant Jean-François Téaldi, secrétaire général de la CGT France Télévisions, avertit que « en cas de grève dimanche, ce ne sera pas une mobilisation à plus de 50 %, mais il y aura une mobilisation largement suffisante pour fortement perturber la soirée électorale de dimanche« .
L’association Emmaüs, connaît pour la première fois de son histoire une grève nationale. Créé par l’abbé Pierre en 1949, Emmaüs procure aux personnes les plus démunies un hébergement et accompagnement social en vue de leur réinsertion.
L’appel à la grève a été lancé par l’intersyndicale Sud, CGT et FO. Les salariés demandent « des négociations sérieuses et loyales sur leurs conditions de travail, leurs salaires, la limitation des recours aux contrats précaires et le droit syndical », précise le communiqué. L’intersyndicale signale qu’« Emmaüs ne devrait pas être un patron comme un autre ».
La direction d’Emmaüs prend ces problématiques « très au sérieux » et dit avoir « formulé des propositions ». Elle reconnaît par ailleurs que « l’évolution des publics accueillis, l’ouverture des centres 24 heures sur 24, la gestion des situations de violence, ont conduit à de profondes modifications des conditions de travail et généré de nouvelles souffrances et stress au travail ».
Ce mouvement social ne concerne que les salariés (ils sont 459 en France) et non les compagnons, ni les bénévoles. Ils étaient une centaine à manifester ce matin devant le siège d’Emmaüs à Paris.
Fatigués de vivre dans des logements insalubres, environ 400 étudiants de Lille ont décidé de ne plus payer leur loyer au Crous.
Invités à la grève des loyers par la Fédération des étudiants en résidence universitaire de France (Féruf), l’UNEF et la CGT-Crous, ils réclament « le respect par la ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, du plan Anciaux qui prévoit 6.500 nouveaux logements et 8.000 logements rénovés par an jusqu’en 2014″ et le gel de l’augmentation des loyers de 4% prévue pour cette année.
Vétustes, les bâtiments datent des années 60. A l’intérieur, humidité, peinture effritée, chauffage insuffisant, cafards, absence de conditions d’hygiène, agents de nettoyage en nombre insuffisant. Pourtant, les loyers n’ont pas baissé, ils ont même augmenté. Ils sont compris entre 136 euros pour les chambres les plus anciennes , 9m² en moyenne, et 198 pour celles avec toilettes et douche personnelles par mois, sans compter l’aide au logement.
Si l’académie de Lille compte 150 000 étudiantes dont 49 000 boursiers, seulement 9 251 logements universitaires sont proposés aux étudiants. C’est moins que la moyenne nationale et la moitié de ces chambres ne seraient pas conformes aux normes de confort.
Le mouvement prévoit de s’étendre aux académies de Lyon, Grenoble, Bordeaux et Rennes mais Mme Muller prévient que les étudiants « s’exposent à une procédure de recouvrement ».
Les salariés du Pôle emploi de Corse ont décidé d’entamer un mouvement de grève pour une durée illimitée suite à la tentative de suicide d’un cadre dans les locaux de la direction régionale à Ajaccio. La victime s’était tailladée les veines dans les toilettes de l’établissement.
Selon plusieurs témoins, il avait écrit « hacèlement, discriminition » avec son propre sang sur les murs des toilettes. L’homme a rapidement était transporté à l’hôpital, ses jours ne sont plus en danger.
Un geste désespéré qui, selon ses collègues, serait dû à une dégradation permanente des conditions de travail. Les syndicats dénoncent depuis plusieurs mois la dégradation des conditions de travail en Corse, depuis la fusion ANPE-Assedic, notamment le « harcèlement » et le « mépris » de plusieurs cadres venus du continent.
Depuis cette fusion, les syndicats ne cessent de dénoncer « la dérive infernal du Pôle emploi » qui mène selon eux à une multiplication des suicides et tentatives de suicides chez les salariés et les chômeurs.
Suffit-il d’être titulaire d’une licence pour être capable d’assurer et d’assumer le rôle de professeur face à une classe entière ? Beaucoup d’étudiants vous répondront que non.
Et pourtant, ils sont 80 à avoir été recrutés par l’Inspection académique de Seine-Saint-Denis pour effectuer des remplacements du 15 au 19 février et du 8 au 12 mars. L’idée peut choquer car ces jeunes, bien que diplômés de licence, reçoivent seulement trois heures de formation avant de se jeter dans la « cage aux lions« . Les missions des titulaires remplaçants seront ainsi assurées par des étudiants, payés 750 euros la semaine. Joli salaire pour ces étudiants, sacrée économie pour l’Etat également.
Ces événements relancent un débat plus vaste dans la mesure où cette offre d’emploi s’inscrit dans le cadre de la masterisation des concours. 10 à 20 écoles de Seine-Saint-Denis pourraient être en « grève reconductible » selon le syndicat CGT-Educ’Action 93. Un communiqué de ce syndicat explique que “depuis septembre 2009, plus de 1.700 jours de classe n’ont pas été assurés dans le seul département de Seine Saint Denis. Plutôt que de recruter des enseignants sur la Liste complémentaire, l’Inspection d’académie cherche à combler de manière très insuffisante le manque de personnel en faisant appel à des étudiants sans formation pédagogique pour prendre en charge les élèves. »
L’inspecteur d’académie, Daniel Auverlot, rétorque qu’il s’agit “d’offrir un terrain de stage à 80 étudiants admissibles aux concours enseignants l’an dernier, dont certains sont en première année à l’IUFM (institut de formation des maîtres) cette année, tandis que d’autres sont assistants d’éducation” (surveillants notamment, note de la rédaction).”
Hier, lundi 15 février, le père d’une élève scolarisée à Pantin, en Seine-Saint-Denis, a déposé une plainte contre Luc Chatel “pour faute grave d’organisation du service public de l’Education”, déplorant “des problèmes de remplacement intenables”, révèle l’AFP.
Les salariés de l’usine Philips EGP de Dreux (Eure et Loire) ont appris samedi 13 février, par lettre, la fermeture définitive de leur usine dès ce lundi et la suppression de 212 emplois. L’entreprise explique que ceci est dû « à d’importantes pertes depuis 2007, sur l’activité Téléviseurs, 413 millions d’euros en 2008 et environ 180 millions d’euros en 2009. »
La section CGT de l’usine a invité les salariés à se rendre normalement sur leur lieu de travail ce lundi. Une assemblée générale se tient depuis 8 heures ce matin. Le syndicat a menacé de saisir la justice si l’accès au site était interdit aux salariés ce matin. Manuel Georget, délégué CGT, estime qu’ « en voulant nous interdire de pénétrer sur le site et nous obliger à rester chacun chez nous, la direction de Philips veut nous isoler pour mieux fermer le site et nous licencier à moindre frais ».
Les salariés auraient reçu une seconde lettre leur proposant un reclassement en Hongrie. M. Georget s’indigne que « Philips propose aux salariés, des postes d’opérateur à Szekesfehervar, en Hongrie, en CDI payés 450 euros par mois, sur douze mois, avec la condition de pratiquer la langue hongroise. C’est vraiment se moquer du monde ».
Des mesures concrètes telles que des indemnités de départ équivalentes à 24 mois de salaires et des congés de reclassement représentant jusqu’à 12 mois par salarié sont envisagées. Christian Estrosi, ministre de l’industrie, interrogé par RTL, explique que l’usine sera remplacé par un centre d’appels où 300 nouveaux emplois sont déjà assurés. »Ce qui compte, c’est de maintenir l’emploi industriel(…). Nous sommes à trois cents emplois remplaçant la fabrication des écrans plasma par d’autres activités. L’objectif c’est d’être même à plus de trois cents emplois demain ».
Un point de vue qu’il devra peut-être défendre devant les ouvriers de la raffinerie Total de Dunkerque, en grève aujourd’hui, en raison de la suppression de 370 emplois directs.
La Grèce connaît une grave crise économique et s’est engagée à réduire son déficit budgétaire de 12,7 % du PIB (produit intérieur brut) en 2009 à moins de 3% en 2012. Une restriction de taille. Alors que l’Union européenne est sur le point d’envisager un plan d’aide pour le pays, le gouvernement socialiste grec envisage des mesures qui sont loin de faire l’unanimité. Le Premier ministre grec, George Papandréou, a ainsi annoncé une baisse des salaires des fonctionnaires, un recul de l’âge de la retraite, une réduction du nombre d’embauches et une suppression des privilèges fiscaux.
Si ces mesures, destinées à réduire les déficits fiscaux, ont été approuvées par l’Union européenne, les syndicats, eux , ne comptent pas subir ces « sacrifices injustes et inefficaces ». Selon eux, les revenus des fonctionnaires pourraient chuter de 5 à 20%. Fraude fiscale et non paiement des cotisations sociales de la part du secteur privé seraient responsables des difficultés économiques du pays, d’après l’Adedy.
Le syndicat de l’Adedy a ainsi appelé les fonctionnaires grecs, soit près de 300 000 adhérents, à une grève générale de 24h aujourd’hui. Le Front de lutte syndical (PAME) a appelé ses membres à rejoindre le mouvement. Enseignants mais aussi employés des ministères, des services des impôts, des préfectures et des municipalités devraient manifester en fin de matinée. Les contrôleurs aériens ainsi que les employés de chemins de fer seront également présents, pas de trafic aérien donc et un nombre restreint de trains aujourd’hui. Un personnel d’astreinte a toutefois été mis en place dans les hôpitaux.
De nouvelles actions pourraient avoir lieu dans les semaines à venir. L’Adedy envisage, entre autres, de se joindre à la grève nationale du secteur privé, à l’appel du syndicat GSEE, le 24 février. A eux deux, les syndicats comptent près de la moitié des cinq millions de salariés grecs.
Trois magasins Ikéa n’ont pas ouvert leurs portes aujourd’hui (Plaisir, Franconville et Paris-Nord). Le siège social de la chaîne, situé à Plaisir (Yvelines), est, lui, occupé pour le deuxième jour consécutif par des représentants du personnel. Un mouvement de grève commencé samedi 6 février et qui semble prendre de l’ampleur.
Pour les trois principaux syndicats d’Ikéa (CFDT, FO, CGT), il s’agit de protester contre les propositions salariales faites lors des négociations annuelles obligatoires (NAO). Si une augmentation moyenne de 1,2% sur la base de hausses individuelles ou au mérite a été consentie, les syndicats, eux, réclament une augmentation collective de 4% qui s’appliquerait uniformément à tous les salariés.
La direction refuse pour le moment toute augmentation salariale générale, du fait des difficultés économiques que connaît le secteur de l’ameublement. Le directeur général d’Ikéa France, Stefan Vanoverbeke, a refusé de rencontrer les représentants du personnel.
Bien que l’entreprise ait réalisé près de 52 millions d’euros de bénéfices en France en 2009, selon les syndicats, cette grève pourrait bien faire une mauvaise publicité au géant suédois. Du moins jusqu’à la prochaine NAO qui devrait avoir lieu demain, mercredi 10 février.
Aujourd’hui, jeudi 4 février, les policiers municipaux défileront en début d’après midi dans 22 villes de France.
Les syndicats les ont en effet appelés à manifester devant les préfectures pour protester contre la différence de salaire qui existe avec la police nationale. Frédéric Foncel, vice-président du SNPM (Syndicat national des policiers municipaux), explique ainsi « Nous faisons le même travail que les policiers et les gendarmes nationaux. Pourtant, il y a une différence de salaire qui va de 300 à 500 euros ». Ils revendiquent par ailleurs une intégration de toutes les primes dans les calculs de droits à la retraite. Notons qu’une des différences entre un policier municipal et un policier national est que ce dernier peut effectuer une garde à vue et a davantage de pouvoirs judiciaires.
Les syndicats espèrent 4500 à 7000 manifestants. Reste à savoir si la manifestation sera effectivement suivie.