Actualité de l'emploi et des réseaux sociaux
20 jan
Une femme pour dix hommes. La compétence est rude. Non, il ne s’agit pas d’un remake de l’Ile de la Tentation mais bien du pourcentage de femmes présentes dans les Conseils d’Administration du CAC 40. Elles sont 8% seulement dans les 500 premières entreprises françaises.
Mercredi 20 janvier, les députés débattront d’une proposition de loi destinée à garantir la parité dans les Conseils d’Administration des grandes sociétés. 40% de femmes pour 2016, c’est le quota prévu.
A l’origine de cette loi, on trouve Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale, et Marie-Jo Zimmermann, députée PS, présidente de la Délégation aux droits des femmes. Dans la première mouture, cette proposition de loi prévoyait un objectif à 40% d’ici 5 ans. La loi prévoit, finalement, un objectif intermédiaire de 20% dans un délai de deux ans pour les grandes sociétés françaises. 650 entreprises sont concernées. L’enjeu est de taille, explique Marie-Jo Zimmermann, car c’est au sein des Conseils d’Administration que sont abordés les problèmes de l’entreprise, dont l’égalité professionnelle et salariale entre homme et femme. Le non respect de ces objectifs « entraînera la nullité des nominations, sauf lorsque celles-ci porteront sur le sexe sous-représenté, ainsi que la nullité des délibérations du Conseil d’Administration ou de surveillance mal composé ».
Classée 15ème sur 180 pays dans le classement global de la représentation des femmes au sein de la société, la France est pourtant loin d’être le meilleur élève de l’Union Européenne : les femmes sont présentes à hauteur de 7,5% globalement contre 9,7% en moyenne au sein des 27. D’autres pays européens tels que la Norvège en 2003 et l’Espagne en 2007 ont déjà fixé de tels quotas au sein des CA de leurs entreprises. Le projet est un véritable succès en Norvège où les femmes sont effectivement représentées à plus de 40%. De manière générale les femmes semblent mieux représentées dans les pays d’Europe du Nord que dans le reste du monde. Brigitte Grésy, auteur du rapport sur l’égalité professionnelle remis à Valérie Létard en juillet dernier, explique ceci par une différence culturelle plus favorable à la parité : c’est le résultat qui compte et non le temps passé au travail. Ainsi vie professionnelle et vie privée peuvent trouver une forme d’équilibre. Hommes et femmes aussi. Les pays anglo-saxons semblent eux aussi sur la voie : ils tentent d’instaurer des programmes de mixité et de favoriser le recrutement des femmes avec des projets innovants tels que la création de garderie sur leur lieu de travail.
Le groupe PS à l’Assemblée Nationale a déjà prévenu qu’il ne soutiendrait les députés UMP que si le projet était suffisamment ambitieux. La majorité des syndicats est dans le même état d’esprit. Le porte-parole du groupe PS à l’Assemblée, Bruno Le Roux, a déjà prévenu « S’il veut aller loin sur la parité dans les Conseils d’Administration nous le (J. – F. Copé, ndlr) suivrons. S’il veut uniquement se faire un coup de pub, nous ne voterons pas ce texte ». Il a également ajouté « nous avons fait des propositions d’amendements pour aller jusqu’au bout de l’égalité salariale, la limitation des mandats d’administrateurs ».
Il note que l’UMP ne s’était jamais vraiment impliquée dans le sujet jusqu’ici.
Reste à savoir si cette loi sera adoptée ou non. Rappelons toutefois qu’elle sera votée en large majorité par… des hommes ! Puisque l’Assemblée Nationale ne compte que 13% de femmes…
A méditer.
Lisez nos autres articles sur le sujet :
7 déc
Selon un sondage Obea-IntraForces révélé ce matin dans le journal 20 Minutes, 91% des Français sont favorables « à la mise en place d’une nouvelle loi pour imposer la parité salariale entre et femmes dans les entreprises » et plus de 68% sont convaincus qu’elle serait efficace.
Parmi les personnes interrogées, 91% sont favorables à une telle loi : 68% « tout à fait » et 23% « plutôt », contre 8% d’opposés : 3% « pas du tout favorables » et 5% « plutôt pas ».
68% pensent que ce texte serait efficace : 20% « tout à fait » et 48% « plutôt », contre 28% de sceptiques : 8% considèrent qu’il ne serait « pas du tout efficace » et 20% « plutôt pas ».
2 déc
Une proposition de loi UMP visant à instaurer la parité hommes-femmes dans les conseils d’administration des grandes entreprises sera examinée par l’Assemblée à partir du 19 janvier. La stricte parité devant être atteinte à l’horizon 2015.
Jean-François Copé, président du groupe parlementaire UMP à l’Assemblée nationale et co-auteur de la proposition de loi avec Marie-Jo Zimmermann, députée PS, rappelle qu’aujourd’hui seulement 17,2% des dirigeants de société sont des femmes. Prenant exemple sur la Norvège, cette loi accorde cinq ans aux grandes entreprises, à compter de la promulgation de la loi, pour se mettre en conformité avec la règle de stricte parité.
De part ce « premier grand texte d’initiative parlementaire de la majorité depuis la réforme constitutionnelle », le chef de file de la majorité a promis de « créer un électrochoc ». Espérons que ce ne soit pas la énième loi sur la parité homme-femme en entreprise qui ne servira pas à faire avancer les choses.
19 nov
Pour la première fois aux USA, les femmes vont atteindre le seuil symbolique de 50 % de la population active. En effet, aux États-Unis, la crise amène les mères de famille à retourner sur le marché du travail, même si les disparités persistent.
Le salaire moyen des femmes aux USA n’est qu’à 80 % de celui des hommes. L’écart de revenu entre hommes et femmes est le même depuis 10 ans, mais la crise a augmenté les inégalités. D’après le ministère du Commerce, lors de la récession, le salaire moyen des femmes a chuté d’environ 2 %, contre une diminution de 1 % chez les hommes. Malgré tout, les sociologues considèrent qu’avec les opportunités que la récession offre aux femmes, leurs revendications pourraient avoir une oreille plus attentive.
30 sept

Les entreprises ne respectant pas les principes de la parité homme-femme ont du souci à se faire ! Il y a tout juste une semaine, Nadine Morano, la secrétaire d’Etat chargée de la famille et de la solidarité, a convié l’ensemble des anciennes ministres chargées des droits des femmes à une réunion. A cette occasion, elle a présenté l’ensemble des orientations visant à lutter, entre autre, contre l’inégalité salariale homme-femme. Suite à la lecture d’un rapport préparatoire à la concertation avec les partenaires sociaux sur l’égalité professionnelle rédigé par Brigitte Grésy, inspectrice générale des affaires sociales, Nadine Morano souhaite notamment instaurer des quotas de femmes dans les conseils d’administration des entreprises du secteur public et du Cac 40, ainsi que des pénalités financières aux entreprises opposées à l’embauche des femmes.
La problématique des inégalités entre hommes et femmes est au cœur des débats depuis le milieu du XXe siècle avec, notamment, l’accession des femmes au monde du travail. Elle se pose principalement au niveau de la position de la femme dans l’entreprise (fonction dirigeante), des évolutions de carrière et de la rémunération.
En effet, selon les données publiées par la Ministère du travail en 2006, les femmes touchent à peu près 10% de moins que la gent masculine à diplôme, poste et expérience équivalents. De plus, il y a un véritable déséquilibre dans la répartition des emplois entre hommes et femmes puisque celles-ci sont souvent cantonnées à des emplois dits « féminins » (communication, santé, éducation, action sociale) et sont sous représentées dans les secteurs dits « virils » (construction, police, industrie, transports).
Même si les femmes accèdent plus facilement à un statut de cadre en entreprise depuis 2002 car elles « sont plus diplômées que les hommes », les chiffres de l’INSEE évoquent cependant qu’elles « restent cependant moins présentes sur le marché du travail ». Les femmes sont également souvent déclassées, occupant des postes en bas de l’échelle hiérarchique. En effet, moins de 10 % des chefs d’entreprises sont des femmes et il n’y a que 5% de femmes dans les conseils d’administration d’après une étude de l’APEC. Partant de ce constat, Marie-Jo Zimmerman a proposé une loi visant à favoriser l’égal accès des femmes aux responsabilités professionnelles et sociales en mars 2009 de manière à faire sauter le plafond de verre.
C’est tout de même un comble d’assister à une telle situation dans le pays démocratique qu’est la France prônant, depuis la rédaction de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, l’égalité totale en
tre tous les hommes… et femmes ! Cependant, un réel mouvement d’égalisation des rapports hommes-femmes a émergé et s’est généralisé dans les années 1960 dans les sociétés occidentales, avec notamment le mouvement féministe devenu de plus en plus important au fil des années et ayant amorcé une petite révolution dans les droits des femmes. Au jour d’aujourd’hui, nous sommes bien loin de la pensée de Colette « une femme qui se croit intelligente réclame les mêmes droits que l’homme. Une femme intelligente y renonce ». Selon un sondage mené par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) les 4 et 5 mars 2009, seuls 7 % des enquêtés considèrent que les femmes sont moins capables de diriger une entreprise que les hommes. Actuellement, toutes les femmes font front pour accéder aux mêmes droits que les hommes et depuis 2002, ont atteint quasiment la parité puisqu’elles représentent 45,9% de la population active (Insee/Eurostat).
En effet, embaucher une femme et la faire évoluer dans son entreprise peut recouvrir de réels avantages. C’est ce qu’a prouvé une étude de Michel Ferrary, professeur au Ceram, école supérieure de commerce de Sophia-Antipolis, démontrant que sur les quarante-deux grandes entreprises françaises interrogées, celles dont le taux de féminisation s’élevait à plus de 35% avaient de meilleures performances économiques que les autres (progression du chiffre d’affaires plus élevée, entreprises plus rentables et bénéficiant d’une meilleure productivité). Aujourd’hui, selon inegalites.fr, 93 % des employeurs ayant recruté une femme disent ne pas regretter ce choix.
Pour finir, je vous propose un retour sur les trois lois votées depuis 1972 pour tenter de réduire les inégalités hommes-femmes. En vain…